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COUMBA GAWLO SECK DE RETOUR SUR SCENE CE SAMEDI AU CICES: La renaissance perpétuelle d’une légende

La diva Coumba Gawlo Seck signe son grand retour avec un album live, « Gawlo Gawlo », et donne rendez-vous à son public ce samedi, au CICES, pour une soirée intitulée « Bal des Gawlo ». Ce nouvel opus symbolise un retour aux sources pour la chanteuse, qui revisite un répertoire bâti sur plus de quarante années de carrière.

L’œuvre marie envolées lyriques et rythmes mbalax, et convoque des titres cultes tels que « Ndiadiane Ndiaye », « Setou Djinné » ou encore « Demba Collé », hommage au notaire Pape Sambaré Diop et à la styliste Collé Ardo Sow. L’Informé revient sur la trajectoire de cette icône de la musique sénégalaise, dont le parcours est couronné de succès.

Le paysage musical sénégalais est un océan parfois tumultueux, où les vagues de la mode emportent souvent les succès d’un jour. Pourtant, au milieu de ce ressac incessant, une figure demeure immuable, tel un phare : Coumba Gawlo Seck. Avec l’annonce de son nouveau projet, le concept « Gawlo Gawlo », la « Diva à la voix d’or » prouve une fois de plus que, tel le phénix – ou le sphinx, comme le murmurent ses admirateurs – elle possède ce don rare de renaître de ses cendres, plus éclatante à chaque envol.

Après une période de retrait pour des raisons de santé, elle marque son retour sur la scène musicale avec un nouvel opus. L’événement consacre le retour au sommet d’une icône. Après une attente fébrile de ses fans, Coumba Gawlo Seck signe une rentrée magistrale avec « Gawlo Gawlo ». Plus qu’un album, c’est une célébration de l’identité et de la résilience.

Le point d’orgue de ce come-back se jouera ce samedi 31 janvier, au CICES, lors du mythique « Bal des Gawlo Gawlo ». Une soirée de gala placée sous le signe de l’élégance et de la tradition, où le sphinx de la musique sénégalaise prouvera, une fois encore, que son art est éternel.

L’héritage dans le sang, la naissance d’une étoile

Pour comprendre la constance de Coumba Gawlo, il faut remonter à la source.Née dans une famille de griots, elle n’a pas choisi la musique. C’est la musique qui l’a investie d’une mission. Fille de Fatou Kiné Mbaye et de Laye Bamba Seck, elle porte en elle l’ADN de l’oralité africaine.

Dès l’âge de sept ans, elle baigne dans les répétitions. Mais c’est en 1986, lors du concours « Voix d’or de l’Institut français », qu’elle foudroie le public. Son timbre puissant et sa maîtrise technique sidèrent les puristes.

Adolescente, elle affiche déjà la rigueur d’une ancienne. La même année, elle remporte le prestigieux concours « Voix d’or du Sénégal » à l’âge de 14 ans, en interprétant la chanson « Soweto ».Coumba Gawlo Seck n’est plus seulement une chanteuse. Elle est un patrimoine vivant du Sénégal. À travers « Gawlo Gawlo », elle signe son grand retour sur le trône de la musique sénégalaise et rappelle à la jeune génération que le talent est un don, mais que la constance est un travail de chaque instant. Le sphinx a encore déployé ses ailes, illuminant le ciel de la musique africaine.

Le sacre de « Pata Pata », l’explosion internationale

Si le Sénégal l’adule dès ses débuts avec des succès comme « Sey » ou « Deweneti », c’est en 1998 que l’auteure de « Cool » franchit les frontières du continent. Sa reprise magistrale de « Pata Pata » de la grande diva sud-africaine Miriam Makéba devient un hymne planétaire.

Disques d’Or et de Platine à la clé, elle devient la première artiste sénégalaise – et l’une des rares Africaines – à obtenir de telles distinctions en Europe. La reconnaissance est totale. Elle remporte les prix de « Meilleure Artiste d’Afrique de l’Ouest » et de « Meilleure Artiste d’Afrique » aux Kora Awards la même année.

Là où d’autres se seraient perdus dans les paillettes du show-business, Coumba a su préserver son ancrage. Elle est restée une « Gawlo » (griotte) dans l’âme, utilisant sa voix pour divertir, éduquer et porter la voix des sans-voix.

Entrepreneuriat et engagement

Surnommée la dame de fer, la native de Tivaouane impressionne par sa longévité dans un milieu souvent sexiste et volatile. Elle a fait de son nom une institution. Femme d’affaires accomplie, elle a fondé son propre groupe de presse (Fem FM, Gawlo TV), prouvant qu’une artiste peut aussi être une capitaine d’industrie.

Son engagement social est une signature : ambassadrice de bonne volonté pour l’ONU et le PAM, Coumba (pour les intimes) milite inlassablement pour l’éducation des filles et contre les violences faites aux femmes. Sa constance n’est pas seulement musicale, elle est morale.« Gawlo Gawlo », l’authenticité revendiquéeAvec « Gawlo Gawlo », Coumba Gawlo Seck opère un retour magistral.

Le projet ne se contente pas de suivre les tendances de l’afrobeats ou du mbalax moderne. Il propose une immersion dans l’essence même de son identité. Le terme « Gawlo », qui désigne le griot en langue peule, est ici revendiqué comme un titre de noblesse. Sonorités acoustiques, profondeur des textes, puissance vocale intacte : malgré les décennies, rien n’a perdu de sa superbe. Elle rappelle que si les modes passent, l’authenticité demeure.

Pourquoi elle ne s’éteint jamaisLa force de Coumba Gawlo réside dans sa capacité à se réinventer sans se trahir. Elle a traversé les époques, de l’ère des cassettes et du mbalax pur à celle du streaming et des réseaux sociaux, en adaptant son image et ses arrangements, tout en conservant ce vibrato unique qui touche l’âme.

Elle a survécu aux critiques, aux pauses médiatiques et aux mutations du marché avec une résilience admirable. Coumba Gawlo Seck est une icône intemporelle. Le sphinx a encore une fois déployé ses ailes, et le ciel de la musique africaine s’en trouve magnifiquement illuminé.

Adama AIDARA