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AFFAIRE PRODAC: L’affaire relancée, Mame Mbaye Niang attaque Sonko et Cheikh Diba

Nouveau rebondissement judiciaire dans l’affaire PRODAC. Les avocats de Mame Mbaye Niang ont annoncé, ce vendredi 30 janvier, le dépôt imminent d’une plainte contre le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre des Finances Cheikh Diba. La défense dénonce une tentative de manipulation de documents administratifs visant, selon elle, à forcer la révision du procès ayant opposé les deux hommes.

Face à la presse, le collectif d’avocats de l’ancien ministre de la Jeunesse – composé notamment de Me El Hadj Diouf, Me El Hadj Oumar Youm et Me Baboucar Cissé – a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « manœuvre politique orchestrée depuis les sommets de l’État ».

Au cœur de la controverse, l’utilisation d’un pré-rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) datant de 2018, document que la défense juge sans valeur juridique. Selon les avocats, ce texte, jamais validé et dont l’auteur est décédé, est aujourd’hui brandi pour tenter de remettre en cause la condamnation définitive du Premier ministre pour diffamation dans le dossier PRODAC.

« Donner aujourd’hui une portée juridique à un pré-rapport vieux de six ans, jamais validé et dont l’auteur n’est plus de ce monde, relève purement et simplement du faux et de l’usage de faux », a déclaré Me El Hadj Oumar Youm.Outre cette plainte, le collectif annonce également envisager une procédure pour mutation frauduleuse de biens contre Ousmane Sonko.

Il lui est reproché d’avoir transféré des droits au bail à des proches afin d’échapper au paiement des 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts auxquels il a été définitivement condamné.Pour la défense de Mame Mbaye Niang, le dossier PRODAC est juridiquement clos.

Elle rappelle que la condamnation pour diffamation a été confirmée par toutes les juridictions compétentes, jusqu’au rejet du rabat d’arrêt par la Cour suprême le 1er juillet 2025.Me Baboucar Cissé a, pour sa part, dénoncé une « diversion juridique », estimant que la procédure engagée repose sur une infraction déjà jugée.

« Il n’y a ni fait nouveau, ni pièce nouvelle. On tente de faire rejuger ce qui a été définitivement tranché », a-t-il martelé.Les avocats se sont également insurgés contre la mise en place d’une commission de 13 membres chargée d’examiner la demande de révision.

Une instance qu’ils jugent partialement constituée, en raison de la présence majoritaire de hauts fonctionnaires placés sous la tutelle du ministère de la Justice. « Comment une commission composée de personnes relevant de l’autorité directe du ministre peut-elle prétendre à l’indépendance ? », s’est interrogé le collectif, y voyant une atteinte grave à l’État de droit.

Les conseils de Mame Mbaye Niang ont lancé un appel solennel au corps judiciaire, exhortant les magistrats à résister aux « pressions politiques » afin de préserver la sécurité juridique et l’indépendance de la justice.

Mariem DIA