BASKETBALL AFRICA LEAGUE (BAL): Dakar sort du jeu
Habituée à vibrer au rythme de la Basketball Africa League (BAL) depuis quatre saisons, Dakar ne figurera pas parmi les villes hôtes de la Saison 6. Un coup d’arrêt symbolique pour la capitale sénégalaise, longtemps érigée en vitrine du projet BAL, mais aussi un signal fort sur la nouvelle géographie du basket africain, désormais guidée par des stratégies étatiques assumées.
La nouvelle est tombée ce vendredi comme un contretemps difficile à digérer pour les fans sénégalais. La Basketball Africa League a officialisé que la Dakar Arena ne ferait pas partie des sites de compétition de sa sixième saison. Une première depuis la création de la ligue, tant Dakar s’était imposée comme un passage obligé du calendrier BAL.
La capitale avait accueilli la Conférence Sahara lors des quatre dernières éditions, transformant la Dakar Arena en un rendez-vous incontournable du basket continental.Au fil des saisons, la BAL à Dakar avait dépassé le simple cadre sportif. Elle était devenue un carrefour d’influences, mêlant basketball de haut niveau, culture urbaine, networking, opportunités business et développement personnel.
En 2025, la Dakar Arena avait même établi un nouveau record d’affluence avec 47 525 spectateurs cumulés, preuve de l’ancrage populaire et de l’attractivité de l’événement.Mais dans la nouvelle équation de la BAL, l’attractivité ne suffit plus. Face à Dakar, d’autres villes ont su mieux s’inscrire dans une logique de soft power, où le sport est pleinement utilisé comme outil de rayonnement international.
« Le retour de notre équipe en Afrique du Sud, au Maroc et au Rwanda pour une sixième saison témoigne de la richesse de la culture sportive et du développement rapide de l’écosystème du basketball dans ces pays », a déclaré Amadou Gallo Fall, président de la Basketball Africa League. Avant d’ajouter : « Nous sommes impatients d’accueillir les supporters aux matchs de la BAL sur ces trois marchés et de leur faire partager l’énergie et la compétition exceptionnelles qui animent nos équipes, sur et en dehors du terrain, dès le coup d’envoi de la saison ».
« Ne pas jouer ici cette année ne diminue en rien l’intérêt que nous portons au Sénégal »Conscient de la portée symbolique de cette absence, Amadou Gallo Fall a toutefois tenu à rassurer. « Le Sénégal reste un pays prioritaire, Dakar abrite le siège de la BAL. Ne pas jouer ici cette année ne diminue en rien l’intérêt que nous portons au Sénégal, ni l’attachement et le soutien du public. Nous allons vouloir la retrouver très vite », a-t-il affirmé, évoquant des discussions en cours pour maintenir une connexion avec les fans sénégalais en dehors d’une conférence officielle.
Sur le terrain, la Saison 6 se dessine clairement. Pour la troisième fois consécutive, Pretoria accueillera la BAL, après la Conférence Kalahari en 2024 et les Finals 2025. La capitale administrative sud-africaine recevra à nouveau la Conférence Kalahari du 27 mars au 5 avril. Rabat, de son côté, abritera la Conférence Sahara du 24 avril au 3 mai, confirmant l’offensive marocaine sur le terrain sportif.
Les play-offs (Finals 8) se dérouleront à Kigali du 22 au 31 mai.Pour cette saison, les douze équipes sont réparties en deux Conférences, Kalahari et Sahara, marquant un retour au format adopté lors des Saisons 2 et 3, organisées respectivement à Dakar et au Caire. Elles seront en lice pour succéder à Al Ahly Tripoli, premier champion qui ne défendra pas son titre.
Sept sont des habituées : Petro Luanda, APR, FUS Rabat, Nairobi City Thunder, ASC Ville de Dakar, Al Ahly Le Caire et Al Ahly Benghazi. Les autres, Johannesburg Giants, Dar City, JCA Kings, Lagos Legends et Club Africain tenteront de bousculer la hiérarchie. Les 4 meilleures de chaque Conférence se qualifient pour les Finals 8.
Mouhamed DIEDHIOU

