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UN RETWEET QUI FAIT TACHE: Pathé Ciss face au malaise du Rayo

Le succès continental du Sénégal à la CAN devait être un moment de fierté partagée. Il s’est transformé en malaise, puis en polémique, pour Pathé Ciss. Le milieu sénégalais du Rayo Vallecano s’est retrouvé au cœur d’une tempête médiatique en Espagne après avoir retweeté un message d’une rare virulence à l’encontre de son propre club, coupable à ses yeux de ne pas lui avoir rendu hommage après son sacre africain.

Le message, sans détour, « Vaya club de mierda » (« Quel club de merde »), a fait l’effet d’une grenade dégoupillée. Dans un football hyperconnecté, où chaque geste numérique est scruté, ce retweet a été interprété comme un désaveu public, presque une rupture symbolique. D’autant plus que, Pape Guèye avait été célébré en grande pompe par Villarreal, avant le choc face au Real Madrid, sous les yeux de Brahim Díaz.

Le contraste a nourri l’incompréhension.En relayant ce post, Pathé Ciss n’a pas seulement exprimé une frustration personnelle : il a exposé au grand jour un malaise plus profond, celui de la reconnaissance des exploits africains dans certains clubs européens. Mais le Rayo Vallecano n’a pas tardé à réagir.

« Le Rayo Vallecano rapporte qu’hier, l’hommage à notre joueur Pathé Ciss, suite à la conquête de la Coupe d’Afrique des Nations, n’a pas eu lieu, car il a été jugé inapproprié d’organiser toute forme de célébration un jour de deuil où l’équipe a porté des brassards noirs et observé une minute de silence à la mémoire des personnes décédées dans les tragiques accidents ferroviaires d’Adamuz et de Gelida. La reconnaissance bien méritée de Pathé Ciss aura lieu à l’approche du prochain match, qui se jouera à Vallecas le samedi 7 février contre le Real Oviedo », a ainsi clarifié le club de la capitale espagnole.

Reste que le mal est fait. Pathé Ciss, 31 ans, buteur ce week-end et titulaire régulier (22 matches ttc, 1 but, 2 passes décisives), se retrouve fragilisé dans un Rayo en difficulté, 15e de Liga et sous pression permanente. Ce coup d’éclat numérique, perçu comme une attaque frontale, pourrait laisser des traces sportives ou disciplinaires, même si le club a choisi l’apaisement.

Mouhamed DIEDHIOU