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APRES LE SACRE, L’ALERTE ROUGE: Les malaises qui interpellent la FSF

La victoire du Sénégal face au Maroc en finale de la CAN 2025 restera gravée comme un sacre historique. Mais derrière l’euphorie, une zone d’ombre inquiétante persiste. Les malaises successifs de Krépin Diatta, Ousseynou Niang et Pape Matar Sarr, tous hospitalisés après la finale, obligent la Fédération sénégalaise de football (FSF) à sortir de la célébration pour entrer dans l’action.

La santé des joueurs ne peut être reléguée au second plan.La finale de la CAN 2025 aurait pu basculer dans un tout autre registre. Celui de l’angoisse, voire du drame. Trois internationaux sénégalais, Krépin Diatta, Ousseynou Niang et Pape Matar Sarr, ont été victimes de malaises troublants le jour du sacre contre le Maroc. Trois joueurs, trois profils, mais des symptômes similaires. Suffisant pour alerter et, surtout, exiger des réponses claires.

La FSF ne peut pas rester les bras croisés face à une situation où la santé de ses internationaux a été mise en danger. Car, au-delà du résultat sportif, c’est la protection des joueurs qui est en jeu. Les révélations de Bacary Cissé, membre de la Fédération et président de la Commission Communication, faites ce jeudi dans la Matinale de la TFM, ont jeté une lumière crue sur le déroulé d’une journée qui a viré à l’incompréhensible.

Des symptômes identiques, une inquiétude maximale

« J’ai appelé Sadio Mané, et il m’a expliqué que Krépin Diatta avait eu un malaise, puis avait été amené à l’hôpital », confie Bacary Cissé. Le remplacement de Diatta dans le onze de départ intervient ainsi dans un contexte médical déjà alarmant. « Au moment de l’échauffement des joueurs, trois minutes après, j’ai vu Ousseynou Niang faire un malaise. Mayacine Mar m’a dit qu’il présentait les mêmes symptômes que Krépin Diatta. Ce dernier était assis sur une chaise roulante, semblant perdre le contrôle de sa langue, c’était vraiment désastreux. Il a ensuite été conduit à l’hôpital », a-t-il poursuivi.

« Pape Matar Sarr, qui s’était échauffé avant la mi-temps, a fait un malaise lui aussi, dans les vestiaires à la pause. Il présentait les mêmes symptômes que Krépin et Ousseynou. C’était compliqué pour Krépin, et pour Pape Matar et Ousseynou, cela semblait encore plus sérieux. C’était vraiment très bizarre », a ajouté le président de la Ligue de football de Ziguinchor, sans céder à la spéculation. La prudence reste de mise : aucune preuve ne permet aujourd’hui d’étayer une quelconque hypothèse grave, y compris celle, murmurée, d’un empoisonnement.

« On ne peut pas le dire, parce qu’ils n’étaient pas les seuls à manger. On n’a aucune preuve qui justifie une suspicion », insiste le dirigeant fédéral.Le témoignage de Krépin Diatta, publié dans les médias ce jeudi, ajoute pourtant à la gravité des faits. Quatre malaises dans la même journée, des douleurs généralisées, des examens médicaux restés sans réponse claire. Le tout pour un joueur de 26 ans, passé tout près d’un scénario bien plus sombre.

La victoire est acquise, le trophée est là. Mais l’après-finale impose une autre responsabilité. Celle de faire toute la lumière sur ces événements, sans tabou ni précipitation. La FSF est attendue au tournant. Parce que la santé des Lions vaut autant qu’un titre continental. Affaire à suivre.

Mouhamed DIEDHIOU