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LA CHRONIQUE DE MLD: Il y’aura une vie après Sénégal / Mali.Par Mamadou Lamine DIATTA

Cinglante réplique de Pape Thiaw qui convoque sa filiation ( père Sénégalais et mère malienne) pour répondre intelligemment à Tom Saintfiet le coach Belge du Mali qui a eu l’indélicatesse de parler de guerre en conférence d’avant- match.
À la place, nous préférons justement une guerre des mots bien sentis. Clairement.
Même si le jargon du football regorge de vocables guerriers voire violents comme atomiser ou écraser une équipe, fusiller un gardien, bataille tactique ou encore mettre sous l’éteignoir, il faut tout de même éviter de convoquer certains éléments de langage surtout dans un match qui oppose deux sélections que tout rapproche sur le plan sociologique.
Et puis, il y’aura sûrement une vie après ce Sénégal/ Mali qui sera livré en terre marocaine.
De toute façon, ce dérapage verbal du coach des Aigles du Mali cache mal son état d’esprit. Ce technicien est carrément dans l’agacement voire le délire et ce duel fratricide qui s’annonce semble l’avoir complètement dépassé.
Ce Saintfiet n’est donc pas un Saint. Il manque cruellement de sérénité. Tout le contraire de Pape Thiaw qui a ramené les choses à leurs justes proportions.
Dans le domaine sensible et névralgique de la gestion des émotions on dira donc que le Sénégal part gonflé à bloc. De bon augure pour la suite des événements.
Ce match est donc l’une des attractions des quarts de finale d’une CAN marocaine qui se déroule jusque-là sans anicroches avec à la clé l’organisation impeccable d’un Royaume chérifien qui a mis les petits plats dans les grands avec une logistique et des infrastructures de niveau mondial.
Mais il reste évident que pour ces deux pays qui partagent la même devise ( un peuple, un but , une foi) et la même histoire, un quart de finale de CAN menant droit vers une demi-finale ne sera point une partie de plaisir. Disons que c’est évident que la confrontation ne sera facile à négocier pour personne.
La seule rencontre en coupe d’Afrique entre les deux sélections a eu lieu en Tunisie en 2004 et s’était soldée par un nul équitable 1- 1 sur une égalisation d’Habib Bèye pour les Sénégalais. Souvenirs, souvenirs…
C’est dire l’âpreté de la tâche qui attend ces vingt deux acteurs qui auront l’honneur et la lourde mission de se transcender sur le pré de Tanger.
Justement les Lions ont eu la bonne idée de rester maîtres de leur groupe en phases de poule. Ce qui leur a permis de bénéficier du privilège de recevoir le Soudan et le Mali … à domicile. Oui à Tanger, nos favoris jouent bel et bien à domicile d’autant qu’ils ont fini de prendre leurs repères en sus d’y avoir leurs habitudes. Dans ce genre de compétition, les choses se jouent à ces détails près.
Mais et faudrait- il le rappeler, ces Maliens vendront chèrement leur peau et Pape Thiaw a intérêt à ne pas se louper dès la publication du onze de départ d’autant que dans ce match mieux vaudrait passer rapidement devant en étant cliniques sur les occasions de scorer. L’idée c’est de ne pas permettre à la sélection malienne d’engranger de la confiance à mesure que le match va se poursuivre. Ces Maliens qui n’ont jusque-là pas gagné une rencontre dans le temps réglementaire se présentent donc comme de véritables miraculés. Donc, ils n’ont franchement rien à perdre.
C’est le Sénégal qui doit juste assumer son statut de grand d’Afrique et de mondialiste, faire le jeu avec ses valeurs connues de tous pour s’imposer. Et rien d’autre !
C’est largement dans les cordes de la bande à Sadio Mané. Juste faudrait-il faire preuve de respect envers l’adversaire, de rigueur, d’abnégation et surtout d’efficacité dans le dernier geste pour transférer le doute et la peur dans le camp de ce redoutable voisin.
Ainsi va une CAN marocaine qui nous permet d’apprécier de beaux stades, des pelouses nickel, une belle ambiance et puis un nivellement des valeurs par le haut.
Les 8 selections admises aux 1 /4 de finales font partie du top 10 africain, de la crème du football continental.
Nous n’avons pas le droit de bouder notre plaisir surtout en convoquant encore et toujours la glorieuse incertitude du sport.
Des sueurs froides ,du suspense et une montée d’adrénaline en perspective !
La magie du sport- roi dans toute sa splendeur.