BALADE A CHEVAL SUR LA PLAGE DE TANGER: Une autre façon de découvrir le littoral
Plage de Tanger, 9 h 45. Une pluie fine caresse le sable encore frais. À l’aube, le littoral s’étire dans une lumière pâle, suspendue entre l’Atlantique et la Méditerranée. Les premières traces de pas, laissées par la nuit, s’effacent lentement sous l’effet du vent marin. C’est dans cette atmosphère feutrée que débute la balade à cheval, loin du tumulte urbain pourtant tout proche.
TANGER, Maroc (Envoyée spéciale) – À l’écart de l’agitation de la ville, la plage offre un cadre privilégié pour les amateurs de découvertes douces. En cette matinée calme des dernières heures d’un mois de décembre finissant, quelques visiteurs – notamment des étrangers venus à Tanger à l’occasion de la CAN – se laissent tenter par cette expérience singulière, face à la mer qui ouvre l’horizon jusqu’à l’Espagne.Tout au long du rivage, de beaux étalons attendent, soigneusement entretenus par leurs propriétaires.
Habitués au milieu marin, ils avancent d’un pas sûr sur le sable humide. Le rythme est maîtrisé, rassurant, propice à la contemplation. La mer, d’un bleu paisible, déroule ses vagues régulières, tandis que le vent accompagne chaque foulée.La promenade suit le littoral sur plusieurs centaines de mètres, parfois davantage, offrant une vue dégagée sur le détroit de Gibraltar, ce point de rencontre mythique entre deux mers et deux continents.
Le paysage est ponctué par les silhouettes silencieuses des pêcheurs et leurs barques colorées, posées sur le sable comme autant de témoins d’un quotidien immuable.Depuis la plage, Tanger se dévoile autrement. Les collines blanches, les façades claires de la ville et les maisons serrées contrastent avec les teintes plus sombres de l’océan. À cheval, le temps semble ralentir, laissant place à une sensation de liberté rare.Pour s’offrir cette escapade, il faut compter au minimum 20 dirhams pour un tour. Les photographes ne manquent pas, immortalisant ces instants suspendus.
« Je viens du Sénégal pour supporter les Lions de la Téranga. J’en profite pour découvrir cette belle ville de Tanger. Cette balade à cheval sur la plage est vraiment intéressante. Je prends des photos pour garder un souvenir et je prie pour que le Sénégal aille jusqu’en finale, Amin, Ya Rabi », confie un supporter, les mains brièvement posées sur le visage.
Au fil de la balade, les chevaux accélèrent parfois, trottant le long de l’eau. Les sabots s’enfoncent doucement dans le sable, le vent fouette le visage, et le bruit régulier des pas se mêle au ressac. L’air est chargé d’embruns et d’odeurs salées, tandis qu’une légère brume dessine l’horizon.
Lorsque la promenade touche à sa fin, le soleil est déjà plus haut. Les traces laissées sur le sable disparaissent peu à peu, comme pour rappeler que ce moment n’appartient qu’à l’instant présent. La plage retrouve son calme, et Tanger continue de veiller, immuable, entre mer, histoire et passage des hommes.
Adama AIDARA

