CAN 2025 – GROUPE D – VAINQUEUR DU BOTSWANA (3-0) SANS FORCER: Le Sénégal frappe fort sur le volume, moins sur le score
Sans forcer, le Sénégal a dominé le Botswana (3-0) pour son entrée en lice dans cette CAN 2025. Ultra-maîtres du jeu, les Lions ont étouffé leur adversaire par le volume, la possession et les occasions, tout en laissant transparaître une marge de progression dans l’efficacité. Une victoire logique, statistiquement écrasante, mais encore incomplète.
TANGER, Maroc (Envoyé spécial) – Le Sénégal n’a pas tremblé pour lancer sa campagne continentale de la CAN Maroc 2025. Face à un Botswana rapidement acculé, les Lions ont imposé leur supériorité technique et physique pour s’imposer logiquement (3-0) dans un stade Ibn Batouta aux tribunes clairsemées et sous le déluge de Tanger pour prendre la tête du groupe D.
Une entrée en matière sérieuse, sans éclat excessif, conforme au statut de favori qu’ils assument désormais.Pape Thiaw n’a pas innové. Le sélectionneur a reconduit le onze aligné lors du dernier match officiel face à la Mauritanie en octobre, avec un seul changement contraint. Ismaïla Jakobs en remplacement d’El Hadji Malick Diouf, suspendu. Une continuité qui s’est traduite par une maîtrise immédiate du jeu et des circuits bien identifiés.
Une domination territoriale totale, des chiffres sans appel
Annoncé plus ambitieux par son entraineur en conférence de presse d’avant-match, le Botswana s’est rapidement replié dans un bloc bas en 4-4-2, souvent transformé en 4-5-1. Une posture défensive assumée, dictée par l’écart technique abyssal entre les deux formations. Dès les premières minutes, les Lions ont installé un siège permanent : 68% de possession à la pause, 15 tirs tentés, 8 cadrés, contre aucun pour leur adversaire.
Jackson (3e et 21e), Mané (5e, 25e et 32e), Iliman Ndiaye (14e et 19e) ou Pape Gueye (3e), ont multiplié les situations, mais le manque de justesse dans le dernier geste et l’excellente prestation de Goitseone Phoko ont longtemps retardé l’ouverture du score.
Le gardien botswanais s’est interposé à sept reprises en première période, maintenant artificiellement son équipe en vie.Il a fallu attendre la 40e minute et le quatorzième tir sénégalais pour voir le verrou céder. Décalé par Mané, Jakobs a trouvé Jackson en retrait, qui a conclu du gauche (1-0). Un but venu sanctionner une première période à sens unique, sans pour autant refléter l’écart réel entre les deux équipes.
Jackson décisif, efficacité relative et marge de progression
Au retour des vestiaires, le Sénégal a légèrement baissé en intensité sans jamais perdre le contrôle. À la 58e minute, sur une récupération haute de Pape Gueye, Jackson a doublé la mise sur un sublime enchaînement technique devant le but adverse après une passe d’Ismaïla Sarr. Contrôle pied gauche, crochet pied droit pour finir sur un piqué du gauche (2-0).
Homme du match (voir par ailleurs), l’attaquant sénégalais a signé un doublé, mais aurait pu alourdir davantage la marque, à l’image de plusieurs situations mal négociées (63e et 75e).Malgré 29 tirs au total, dont 17 cadrés (un record dans un match de CAN depuis le début des données Opta en 2010), les Lions ont encore péché dans la finition, notamment après le deuxième but.
Mané (64e, 67e et 76e) et Ismaila Sarr (67e) ont tous buté sur Phoko, auteur de 14 arrêts au total, performance majeure malgré un gabarit atypique (1,63 m). Si le gardien du Botswana s’est montré excellent dans ses buts, ses partenaires n’ont jamais inquiété Edouard Mendy, de l’autre côté du terrain avec aucun tir cadré pour les Zèbres pour leur entrée dans cette CAN marocaine.
Le troisième but est finalement intervenu en toute fin de match (89e), à l’issue d’un mouvement collectif impliquant Gana Gueye, Cheikh Tidiane Sabaly et Chérif Ndiaye, ce dernier concluant de près (3-0).Avec 20 buts inscrits sur ses neuf derniers matches de CAN, le Sénégal confirme sa dynamique offensive.
Mais face à une opposition limitée, l’écart aurait pu, et dû, être plus conséquent. Sérieux, concentrés et jamais mis en danger, les Lions ont validé l’essentiel. Une victoire sans coup férir, la tête du groupe D et un message clair envoyé à la concurrence. À corriger désormais, ces détails qui n’en seront plus lors du choc, déjà très attendu, face à la RD Congo.
Mouhamed DIEDHIOU

