MORENA RAMOREBOLI, SELECTIONNEUR DU BOTSWANA: « Nous devons être présents tactiquement et physiquement pour répondre face au Sénégal »
À la veille de son entrée en lice face au Sénégal, le sélectionneur du Botswana, Morena Ramoreboli, le entraîneur sud-africain qui a mené les « Zéèbres » à la qualification pour la CAN 2025, marquant leur retour après 13 ans d’absence, affiche une détermination sans détour. Conscient de l’ampleur du défi, il assure que son équipe ne viendra pas en victime, mais avec l’ambition claire de faire un résultat.
« On jouera comme toujours pour gagner. Nous sommes dans de bonnes conditions et nous avons eu des matches amicaux pour tester notre groupe. Nous sommes prêts. La préparation a été dure, mais positive. Nous sommes là pour saisir cette opportunité et faire un résultat », a-t-il déclaré en conférence de presse, hier.
Souvent sous-estimée sur la scène continentale, la sélection botswanaise entend profiter de chaque occasion pour se montrer. « Chaque fois que nous avons l’occasion de performer, nous le ferons. Nous devons donner le meilleur de nous-mêmes. Beaucoup de personnes ne connaissent pas l’équipe du Botswana », souligne le sélectionneur, qui voit dans cette méconnaissance une source de motivation supplémentaire.Selon lui, cette dynamique s’inscrit dans une évolution plus large du football africain. « L’Afrique est en train de grandir professionnellement. Il y a énormément de joueurs et le niveau est relevé. Le football au Botswana est en train de se développer », affirme-t-il.
Un défi tactique face à un adversaire redoutable
Lucide sur la qualité de l’adversaire, le coach botswanais reconnaît la puissance collective et individuelle du Sénégal. « C’est une équipe très forte, avec de grands joueurs. Ils comptent souvent sur leurs deuxièmes lames pour faire la différence. Nous devons cependant rester sur notre jeu et compter sur nos forces pour résister », analyse-t-il.Sur le plan tactique, la vigilance sera de mise.
« Nous devons être présents tactiquement et physiquement pour répondre face au Sénégal. Si le ballon est sur Koulibaly, comment le contrer ? Et derrière aussi, car nous savons qu’il s’appuie beaucoup sur le gardien pour les passes verticales et nous allons lui mettre la pression », explique-t-il, révélant ainsi l’attention portée aux détails.
Le plan de jeu repose sur l’adaptabilité. « Rester fidèles à notre plan de jeu, jouer haut si nécessaire, bien préparer les phases de contre et s’assurer que les joueurs sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes », annonce-t-il.
Organisation, pression et évolution du football africain
Premier responsable technique de sa sélection, le coach botswanais n’a pas caché sa fierté. « En tant qu’Africain, ce n’est pas évident. Je suis honoré d’avoir été choisi comme sélectionneur, confie-t-il. S’il y a beaucoup de coachs africains, c’est parce que la compétence est là. Nous devons continuer à nous améliorer pour rivaliser avec les entraîneurs de niveau mondial. Il y a des coachs très compétents sur le continent ».
Interrogé sur la réforme de l’organisation de la CAN tous les quatre ans, il s’est montré mesuré. « Il y a des étapes dans chaque organisation. Les dirigeants de la CAF ont dû prendre en compte plusieurs paramètres. Si attendre trois ans et consacrer une année à la préparation est nécessaire, c’est analysé par des spécialistes. Les administrateurs et experts font ce qu’ils peuvent pour développer le football africain », dit-il.
Harouna DEME

