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JEUX AFRICAINE DE LUANDA 2025::Voyages chaotiques, promiscuité extrême et pénurie d’eau pour la délégation sénégalaise

Retards, visas non sécurisés, billets non confirmés et itinéraires improvisés. La participation du Sénégal aux Jeux africains de la jeunesse de Luanda 2025 restera marquée par une gestion calamiteuse du déplacement de sa délégation. Une situation qui engage directement la responsabilité du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Premier signal d’alerte : des athlètes sénégalais ont quitté Dakar après le lancement officiel des Jeux. La première vague n’a décollé que dans la nuit du 11 décembre, soit 24 heures après le coup d’envoi de la compétition, traduisant une absence criante d’anticipation et de planification.La désorganisation s’est aggravée à l’escale d’Istanbul, où deux athlètes et leur entraîneur ont été bloqués faute de visa valide. Une négligence administrative lourde de conséquences : correspondance manquée, itinéraire modifié dans l’urgence, détour imposé par Addis-Abeba et plus de 36 heures de voyage avant d’atteindre Luanda.

Un calvaire infligé à de jeunes sportifs engagés dans une compétition continentale, sans considération pour leur état physique ni mental.À l’Aéroport international Blaise Diagne, la situation a viré au scandale lors du départ de la deuxième vague. Sur 50 personnes prévues, les billets n’avaient pas été confirmés auprès de Fly Emirates. Résultat : attente interminable, tension extrême et sept athlètes laissés au sol, dont six handballeurs.

Ce n’est que cinq minutes avant la fermeture de l’enregistrement que 43 billets ont été validés, dans une improvisation totale indigne de la gestion d’une délégation nationale.Les sept athlètes abandonnés ont dû emprunter, neuf heures plus tard, un trajet aussi long qu’inhumain : Dakar – Pointe-Noire – Luanda.

Arrivés le dimanche à 11h30, après deux nuits sans repos, ils ont été projetés dans la compétition sans récupération ni acclimatation, mettant en péril leur santé et leurs performances. Autre humiliation : à l’arrivée, les bagages des handballeurs ont été égarés, emportant avec eux maillots et tenues de compétition. Conséquence directe des multiples changements de vols opérés dans l’urgence, cette situation a contraint des athlètes à représenter le Sénégal sans équipements, à la veille des épreuves.

Ces retards ont entraîné des forfaits lourds pour le badminton, la natation, l’athlétisme, etc. Au 15 décembre, soit cinq jours après le début des Jeux, certaines délégations sénégalaises étaient encore en transit. Athlétisme, judo, natation, aviron : autant de disciplines pénalisées par une gestion improvisée.Le sport de haut niveau ne tolère ni le bricolage ni l’amateurisme.

Ce qui s’est produit à Luanda est un désastre organisationnel majeur, qui engage pleinement la responsabilité du ministère de la Jeunesse et des Sports. Au-delà des discours, une reddition de comptes s’impose, faute de quoi ces pratiques continueront de sacrifier des athlètes et d’écorner durablement l’image du Sénégal sur la scène sportive africaine.

Mouhamed DIEDHIOU