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ILLUMINATION ET PAVOISEMENT DES ARTÈRES: Dakar s’embrase de lumière pour célébrer la fin d’année

À Dakar, décembre n’est pas seulement le dernier mois du calendrier : c’est une saison à part, une parenthèse lumineuse où la capitale et sa banlieue se réinventent en vaste scène festive. Fêtes, anniversaires, mariages, préparatifs du 24 et du 31… la ville s’anime au rythme d’une effervescence qui attire chaque soir des milliers de visiteurs. À tel point qu’on a parfois le sentiment que la ville ne dort jamais. L’Informé a arpenté les artères illuminées pour saisir l’ambiance qui gagne Dakar à l’approche des fêtes.

Des Parcelles Assainies à l’avenue Hyacinthe Thiandoum, du rond-point 6 à Sacré-Cœur, de la Place de la Nation à la Place Soweto, du Jet d’eau de la Sicap au boulevard Mamadou Dia, la ville de Dakar scintille de mille couleurs.

Sur la VDN, la corniche ouest, le centre-ville ou encore l’esplanade de la Place de l’Indépendance, les décorations rivalisent de créativité : ballons multicolores, arbres lumineux, animaux sculptés, fleurs géantes, personnages en 3D, pirogues miniatures, monuments reproduits en lumière… Une véritable exposition à ciel ouvert.

Lorsque décembre s’installe, Dakar change de visage. Le mois prend des allures de carnaval permanent, où lumières, couleurs, musiques et foules se mêlent pour créer une atmosphère unique au Sénégal. À l’approche du 24 et du 31 décembre, la capitale et sa banlieue deviennent un immense décor festif, un théâtre à ciel ouvert où habitants, visiteurs, travailleurs et touristes viennent vibrer au même rythme.

« Ici, j’oublie tous mes problèmes », l’émerveillement des visiteurs

Même les façades institutionnelles participent à la fête. Entre la mairie de Dakar, l’avenue Lamine Gueye et les grandes artères du Plateau, les couleurs se succèdent et changent d’intensité, offrant un ballet lumineux jusqu’à tard dans la nuit.Parmi les anonymes attirés par le charme de décembre, Moustapha Baldé, Sénégalais vivant en famille à Dakar, ne cache pas son enthousiasme.

« Cela fait des années que je fréquente ce lieu. En arrivant ici, à la Place de l’Indépendance, j’oublie tous mes problèmes », confie-t-il, sourire aux lèvres, les yeux rivés sur les lumières.Non loin de lui, Fatou Faye, vendeuse de pop-corn, a quitté la corniche pour installer son étal à la Place de l’Indépendance. « Je viens vendre, oui… mais c’est surtout l’ambiance qui m’attire », explique-t-elle.

Les étrangers séduits : un groupe d’Égyptiens conquis

Au détour de l’esplanade, un groupe d’Égyptiens – Mohamed, Moustapha, Mahmoud Al Temsah, Ibrahima et Bouks Mandous – multiplie les selfies et vidéos, émerveillés par le décor. Installés au Sénégal depuis cinq ans, ils confient venir presque chaque nuit.« Le jour, c’est le boulot. La nuit, c’est le divertissement ! », lance l’un d’eux dans un mélange d’arabe et de wolof. Leur joie débordante attire rapidement l’attention : rires, chants, échanges spontanés… L’instant devient un vrai moment de communion.

Entre lumières, musique et pétards : Dakar vibre

Malgré la fraîcheur nocturne, la jeunesse est au rendez-vous.Jeunes filles apprêtées, couples en balade, familles avec enfants : tous déambulent le long de l’esplanade, capturant chaque instant.À 23h passées, pétards, musique et éclats de rire rythment les artères du Plateau.

Les fêtes ne sont même pas encore là, mais Dakar semble déjà entrée dans la célébration.L’effervescence profite aussi aux travailleurs saisonniers. Ibrahima Sy, photographe, ne manque jamais ce rendez-vous annuel. « Décembre est un mois où je gagne beaucoup. Les photos minutes partent très vite. C’est un business que je fais depuis longtemps », explique-t-il en ajustant son appareil.Partout, vendeurs de jouets, snacks, gadgets lumineux et accessoires festifs rivalisent d’astuces pour attirer les passants.

Quand les anniversaires s’invitent dans la fête

Il est minuit passé, mais l’animation ne faiblit pas. Aïcha, entourée de ses amies et de sa famille, célèbre son anniversaire dans ce décor féerique. « Chaque année, je viens ici faire mes petites balades pour mon anniversaire », dit la native d’un 9 décembre.

Le groupe d’Égyptiens croisé plus tôt lui chante « joyeux anniversaire » dans un mélange savoureux d’arabe et de wolof. Aïcha danse, rit, pose pour son photographe : la magie opère.Une mise en scène lumineuse au bord de l’océanDès la tombée du jour, la corniche de Dakar s’embrase aussi de lumière. Les lampadaires se parent de motifs festifs – étoiles éthérées, arabesques dorées, silhouettes de baobabs stylisés – tandis que des guirlandes LED ondulent au rythme du vent marin, diffusant une clarté douce et enveloppante.

Au niveau des Mamelles, les décorateurs ont opté pour une scénographie audacieuse : arches lumineuses, projections colorées sur les roches volcaniques, arbres drapés de micro-lampes… Le paysage prend des allures de conte, transformant ce bord de mer en décor féerique.

Cette année, la tendance mise sur l’alliance entre matériaux naturels et technologies à basse consommation. Sculptures inspirées de l’art wolof, tressées ou imprimées en motifs géométriques, sapins revisités en bois de récupération ornés de lampes solaires : Dakar réinvente l’esthétique festive avec créativité et sobriété.

Les familles affluent pour immortaliser ces installations. Joggeurs, cyclistes et flâneurs ralentissent pour admirer les lumières, tandis que les vendeurs ambulants prennent position, contribuant à l’ambiance générale avec colliers lumineux, petits objets décoratifs et friandises en différents points de cette corniche de Dakar parée de lumière. La corniche devient alors un espace commun où le quotidien se suspend.

« Ici, on sent vraiment la magie de fin d’année, confie Mariama, venue avec ses enfants. Ça donne envie de célébrer, de se retrouver ».À mesure que la nuit s’installe, le lieu se transforme en véritable rendez-vous populaire, où familles, touristes et travailleurs se croisent pour partager cette atmosphère joyeuse, presque irréelle.

Dakar, ville qui ne dort jamais en décembre

Entre illuminations, balades nocturnes, photos, musique, vendeurs, touristes et familles, Dakar vit ainsi au rythme de décembre. La capitale se transforme en espace de rencontre, de partage et d’émotions, offrant un spectacle chaleureux qui rassemble toutes les générations.

Au fil des nuits, la fête se prolonge, annonçant un mois où la ville s’embrase de joie et de couleurs avant de basculer dans la nouvelle année.La capitale vit intensément ce mois festif qui annonce la fin d’une année chrétienne, mais qui, au Sénégal, transcende les communautés.

Dakar s’illumine, Dakar se rassemble, Dakar se raconte. Et chaque nuit de décembre, la ville confirme qu’elle n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle scintille et que ses habitants se laissent envelopper par la magie.Mariem DIA &

Adama AIDARA