Société

HANN-MARISTES: Les populations dénoncent la spoliation foncière de la « Bande d’Aouzou »

Les habitants de Hann-Maristes, soutenus par le maire de la commune de Hann Bel-Air, ont tenu un point de presse, ce samedi 6 décembre, pour alerter l’opinion publique sur ce qu’ils qualifient de bradage illégal de leurs terres.

La zone concernée, communément appelée « bande d’Aouzou », est située entre l’autoroute et le quartier Espace Résidence. Un espace stratégique au cœur d’enjeux urbains majeurs, que les populations entendent protéger face à ce qu’elles jugent être une tentative d’appropriation irrégulière.La bande litigieuse couvre environ 8 hectares, initialement destinée à accueillir des infrastructures publiques vitales dans un quartier en pleine croissance démographique.

Selon les résidents et l’Unité de coordination dirigée pa Aliou Diakhaté, cet espace fait l’objet d’une « spoliation foncière » accélérée au profit de promoteurs privés, en violation flagrante des textes en vigueur.Lors de la rencontre, les populations ont réitéré des revendications claires, longtemps ignorées.

Elles exigent notamment la réalisation du viaduc inscrit dans le Programme de mobilité urbaine de Dakar et classé d’utilité publique par le décret 2021-859 du 12 juillet 2021, la construction d’une école primaire publique, devenue indispensable face à l’augmentation rapide des habitants, l’ouverture d’une Case des tout-petits, la création d’un centre socio-culturel, l’implantation d’un poste de santé à Hann-Maristes 2 et la mise en place d’aires de sport et de loisirs, encore inexistantes dans la zone. Pour les riverains, ces infrastructures ne sont pas de simples doléances, mais des besoins essentiels.

Un appel pressant adressé à l’État

Au nom des populations, Alioune Diakhaté et Abdou Karim Ndiaye ont interpellé l’État du Sénégal. Selon eux, le gouvernement, engagé dans une dynamique de « jub-jubal-jubanti », doit « rapidement leur venir en aide pour du « jubanti » sur ce problème qui n’a que « trop duré ». Ils estiment que la situation est désormais critique et nécessite une réaction urgente des autorités centrales.Le maire Babacar Mbengue a affirmé, pour sa part, refuser systématiquement de signer « toute autorisation de construire sur ces terrains attribués sans l’avis de la mairie », même si les chantiers continuent malgré tout.

« Sur ce site de près de 5 hectares, nous ne pouvons même pas obtenir 10 m² pour la collectivité. C’est scandaleux », a-t-il dénoncé.Le maire rappelle que ces parcelles, non immatriculées, ne sont pas habilitées à accueillir des projets privés. Il demande qu’elles soient allouées en priorité à la réalisation d’écoles primaires, de postes de santé, de lieux de culte et d’espaces publics. En dehors du collège construit sur 8 000 m² sous l’ancien régime, le quartier souffre d’un déficit structurel majeur.Au-delà de la lutte foncière, c’est la qualité de vie des habitants des Maristes qui est en jeu.

Les populations réclament l’exécution immédiate de plans d’aménagement en souffrance depuis plus de trente ans. Le maire a d’ailleurs confirmé avoir adressé une correspondance officielle, avec accusé de réception, au Premier ministre Ousmane Sonko. « Nous sommes là pour dénoncer la spoliation de cet espace appelé la bande d’Aouzou, déclaré d’utilité publique par un décret de 2021. En lieu et place des infrastructures, des immeubles privés R+5 et R+7 s’érigent à une vitesse alarmante », s’est indigné le Dr Mbossé Kassé, porte-parole des résidents.

Mame Ndella FAYE