Société

CLÔTURE DE LA 1RE ÉDITION D’ECOFEST À SORANO: Le jeune artiste Youssoupha Sy décroche le premier prix de la peinture

La première édition de l’Ecofest s’est achevée, hier, à Dakar, dans une atmosphère vibrante et pleine d’émotion au Théâtre National Daniel Sorano. Au crépuscule, la petite ville perchée sur ses falaises de tuf s’est drapée d’une lumière dorée, offrant un décor presque féerique pour cette ultime soirée. Après six jours d’ateliers, de panels, de concours et de prestations artistiques venus de divers horizons du continent et de la diaspora, le Sénégal s’est illustré de la plus belle des manières.

Le jeune prodige Youssoupha Sy, alias You Art, a remporté le premier prix de la peinture. Talent reconnu de ses pairs, You Art a reçu son trophée des mains du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, lors d’une cérémonie de clôture empreinte d’engagement culturel et écologique.

Un moment fort qui consacre une nouvelle étoile montante de la scène artistique sénégalaise.La soirée a été marquée par une succession de performances mêlant danse, musique, projections visuelles et installations éphémères, toutes orientées vers la valorisation du patrimoine naturel et culturel africain.

Pour ouvrir la cérémonie, le Ballet national La Linguère, sous la direction du chorégraphe Pape Moussa Sonko, a livré une prestation éblouissante, rappelant la danse comme langage universel et véritable arme de souveraineté culturelle. Le public a ensuite vibré au rythme du tambour major Doudou Ndiaye Coumba Rose, dont les héritiers ont fait résonner leurs percussions dans toute la salle. Impossible pour certains invités de rester assis : la salle s’est transformée, par moments, en piste improvisée.

« Ce qui nous lie » : la scène sénégalaise en majesté

Sous la houlette de Kader Diarra, Jean Tamba et Alex Garcia, une performance intitulée « Ce qui nous lie » a rassemblé des artistes issus des 14 régions du Sénégal. Conte, danse, chants : une mosaïque vivante qui a célébré toute la richesse et la diversité culturelle du pays, portée par des artistes auréolés d’un récent succès au FESNAC.

Les frères Guissé ont également enflammé Sorano en revisitant des classiques tels que « Siré » ou « Taara », repris en chœur par un public conquis.Ecofest a aussi été un espace de partage interculturel. Le Ballet de la Guinée-Bissau a offert une performance majestueuse, mêlant rythmes ancestraux et gestuelles traditionnelles. En apothéose, le groupe Bideew Bou Bess, suivi de Coumba Gawlo, qui a clôturé la soirée avec une énergie communicative, apportant une touche festive à ce moment déjà chargé d’émotions.

Un bilan largement positif

La commissaire de la CEDEAO, Fatou Sow Sarr, et le commissaire de l’UEMOA, Mamadou Dakité, ont dressé un bilan très positif de cette première édition. Selon eux, Ecofest a su attirer un public diversifié, sensibiliser aux enjeux environnementaux et créer un espace d’échanges et de réflexion autour du rôle de la culture dans le développement durable.La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère empreinte d’espoir et d’engagement.

Les organisateurs donnent déjà rendez-vous pour la prochaine édition, avec l’ambition d’élargir encore la portée de cet événement qui place la culture au cœur de la transition écologique en Afrique de l’Ouest.Le ministre Amadou Ba a salué l’audace de l’Ecofest, qui fait dialoguer arts et innovation sociale. Il a rappelé que la culture est un levier majeur de sensibilisation.

« L’Ecofest démontre que l’art peut ouvrir des chemins nouveaux vers une conscience écologique profonde et partagée. J’ai tellement de joie de clôturer cette première et inoubliable édition : regardez cette montagne de visages, de costumes, de sourires… C’est cela, l’Afrique de l’Ouest. Une Afrique qui pense, qui crée, qui dialogue, qui danse et qui chante », s’est-il réjoui.

« Face au discours de division, vous avez répondu par la substitution des rythmes. Face au mur de la méfiance, vous avez opposé les ponts du dialogue interculturel. Face à la tentation de repli, vous avez célébré la richesse de notre diversité. Vous avez prouvé que la culture n’est pas un simple divertissement. Elle est une force politique, une force de résilience, de réconciliation et de refondation », ajoute M. Ba.

Adama AIDARA