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LA CHRONIQUE DE MLD: L’université, symbole d’un pays malade.Par Mamadou Lamine DIATTA

 » Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays »
John Fitzgerald KENNEDY

Ces violents affrontements survenus dernièrement à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) doivent interpeller la conscience de chaque Sénégalais sur l’avenir immédiat de ce contrat social, socle de notre vivre-ensemble.
Dans ce pays pauvre et lourdement endetté, tout est urgent. TOUT !
Ce qui est paradoxal, c’est que le ministre des finances a annoncé que pas moins de 24 000 étudiants ont été payés depuis mardi et pourtant la violence n’a pas connu de répit le lendemain. Le problème est donc d’une profondeur insoupçonnée d’autant que l’UCAD compte pas moins de 75 000 étudiants. Autrement dit, malgré toute cette bruyante agitation, tout le monde n’est pas boursier dans ce temple du savoir.
Il faut constater que nous sommes fâchés avec la prospective. Le manque criant du sens de l’anticipation est patent. Les images virales de pillage du campus montrent d’ailleurs à quel point cette société sénégalaise, plombée par une économie atone, est sérieusement malade. Des grèves récurrentes, disons cycliques dans nos universités. De 1960 à nos jours, la question vitale des bourses n’a jamais été maîtrisée.
Cette crise universitaire n’est que la triste traduction d’une faillite collective en général et de ceux qui incarnent présentement l’État du Sénégal en particulier. Pourtant L’UCAD est citée parmi les 20 meilleures universités africaines.
À y voir de près, ces étudiants peuvent être rangés du côté des couches les plus vulnérables du pays au même titre que les braves populations rurales ou encore la dynamique gent féminine. C’est la triste réalité.
Ce pays s’est gravement déshumanisé. La crise économique mondiale qui nous frappe de plein fouet a exacerbé cette situation.
De quoi s’agit- il en réalité ? De milliers d’étudiants considérés comme la crème et l’avenir de cette nation résiliente qui nous a tout donné. Ces chers Leaders comme Senghor, Abdou Diouf, Maître Abdoulaye Wade, Macky Sall ,Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont tous largement bénéficié de ces bourses scolaires et universitaires, véritables accélérateurs de l’ascenseur social. C’est factuel ! Alors, qu’est-ce qui a fait gripper la machine de la gestion vertueuse, efficace et efficiente de l’État entre temps ? Question existentielle qui mérite qu’on s’y penche sérieusement.
Le déficit de communication est manifeste. Pire, la communication désastreuse de quelques députés Pastef particulièrement celle de madame Mame Diarra Bèye a carrément brouillé le message du ministre de l’enseignement supérieur Daouda Ngom. Le pauvre ! A sa décharge, il peine visiblement à prendre ses marques dans un département délicat car il vient à peine de débarquer.
Faudrait-il le rappeler, la bourse accordée à l’étudiant n’est point de l’aumône, loin s’en faut. C’est plutôt de l’argent qui représente quelque part l’agrégation de nos efforts collectifs et de notre citoyenneté. Autant de valeurs déclinées notamment à travers un civisme fiscal cher au tandem Diomaye-Sonko actuellement aux affaires. Justement, ces deux figures emblématiques incarnent à merveille l’impact considérable de l’intervention de l’État dans notre trajectoire professionnelle. Surtout qu’ils ne sont pas légion les Sénégalais qui sont nés avec une cuillère en or.
Et puis, la gestion des bourses n’est pas digitalisée. On peut valablement être sidéré d’entendre cette information livrée par le ministre en question. Cela ajoute forcément au désastre d’autant que le système manuel, au – delà d’ériger l’à-peu-près en mode de fonctionnement est de nature à promouvoir les fraudes massives, donc des pertes sèches de l’État. Il ya donc un sérieux problème de gouvernance administrative et financière de ce domaine sensible de la vie universitaire.

Manipulation politicienne

Par ailleurs, en période de crise, les officines de manipulation fonctionnent à plein régime. L’université a toujours été un terreau fertile de déstabilisation des régimes politiques.
Certaines vidéos et autres mises en scène relèvent carrément de la manœuvre politicienne. C’est détectable à mille lieues. On a toujours infiltré les étudiants pour leur fournir des éléments de langage afin de mettre davantage d’huile sur le feu. Des méthodes éprouvées et cousues de fil blanc.
C’est connu, l’université reste un milieu fortement politisé. Le problème c’est que ces stratégies ne profitent à personne d’autant que si le pays brûle, personne n’échappera aux flammes destructrices. La chienlit n’a jamais développé un pays. Il faut que les gens reprennent leurs esprits.
Du magistère du Président Senghor à nos jours, il ya eu combien d’affrontements, de pillages ponctués de morts d’hommes ? Hommage aux martyrs comme Bassirou Faye, Fallou Sène ou encore Balla Gaye. Des jeunes promis à un brillant avenir, arrachés à l’affection de leurs parents et de la communauté. Trop c’est trop !
La médiation initiée par Elhadj Malick Gakou témoigne d’un véritable Leadership et d’un sens aigu des responsabilités. Un acte de haute portée qui donne tout son sens à la sagesse de l’ancien Président Américain John Fitzgerald KENNEDY qui disait :  » Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays ».