MAÏMOUNA DIÈYE SUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES PERSONNES HANDICAPÉES: « Le handicap ne doit pas être perçu comme une fatalité »
La 33e édition de la Journée internationale des personnes handicapées a été célébrée, hier. Une occasion saisie par la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Maïmouna Dièye, pour lancer un appel fort : agir sur les facteurs personnels et environnementaux afin d’améliorer durablement les conditions de vie des personnes handicapées.
Au Sénégal, selon les résultats du Recensement général de la population de 2023 réalisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 1 210 736 personnes vivent avec un handicap, soit 7,3% de la population. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé estime à 16% la proportion de personnes handicapées, soit plus d’un milliard d’individus. Face à cet écart, Maïmouna Dièye, qui présidait la cérémonie officielle, explique que cette différence « s’explique par la diversité des systèmes d’évaluation du handicap ».
Pour la ministre, il est essentiel de changer le regard porté sur le handicap. « Le handicap est un élément de la diversité humaine. Il ne doit pas être perçu comme une fatalité. Le handicap résume de l’interaction dynamique entre un problème de santé et des facteurs personnels environnementaux. Dès lors, pour une gestion optimale du handicap, il faut agir sur les facteurs personnels et améliorer la qualité de l’interaction entre la personne handicapée et son environnement à travers des programmes de développement inclusifs », recommande-t-elle.
Des avancées significatives depuis 2010Maïmouna Dièye est revenue sur les progrès majeurs réalisés depuis l’adoption, en 2010, de la loi d’orientation sociale sur le handicap. Parmi ces avancées, la création, en 2012, de la Direction générale de l’Action sociale (DGAS), la production de plus de 100 000 cartes d’égalité des chances, permettant l’accès à des filets sociaux tels que la Couverture maladie universelle (CMU) et les bourses de sécurité familiale, la mise en œuvre de projets et programmes inclusifs portés par les partenaires techniques et financiers, la gratuité du transport public et les initiatives de Dakar Dem Dikk en faveur de l’emploi des personnes handicapées, le recrutement de personnes handicapées dans la fonction publique, l’intégration de groupements de femmes handicapées dans les dispositifs de financement économique pour renforcer leur autonomisation.
La ministre rappelle que le président de la République a donné plusieurs directives destinées à « restructurer le cadre national de gestion du handicap ». Ces orientations sont actuellement suivies par son département à travers un plan de mise en œuvre. Dans cette dynamique, plusieurs chantiers majeurs sont annoncés.
Notamment, l’organisation prochaine de concertations nationales pour élaborer une stratégie nationale de gestion du handicap, l’accélération de l’adoption de l’ensemble des textes d’application de la loi d’orientation sociale, l’extension de la carte d’égalité des chances, avec un objectif ambitieux de 705 000 cartes produites d’ici 2029 dans le cadre du projet d’accélération de l’économie numérique et le déploiement d’un recensement spécial des personnes handicapées, supervisé par l’ANSD afin d’assurer une maîtrise rigoureuse des données statistiques.
Autant de mesures qui, selon Maïmouna Dièye, s’inscrivent dans une volonté constante d’améliorer les conditions de vie des personnes en situation de handicap, de renforcer leurs droits et de bâtir une société plus inclusive.
Viviane DIATTA

