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DR SERIGNE GUÈYE DIOP, MINISTRE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE: « Nous allons changer ce pays à travers l’industrialisation »

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a défendu, hier, mardi, devant l’Assemblée nationale le budget 2026 de son département, arrêté à 355,93 milliards FCFA en autorisations d’engagement (AE) et 150,13 milliards FCFA en crédits de paiement (CP).

Ce budget, adopté par les députés, enregistre une hausse exceptionnelle de 609,62%, soit plus de 305,77 milliards FCFA supplémentaires, destinée à financer cinq programmes prioritaires pour accélérer le développement industriel du Sénégal.Intervenant après lui, le ministre des Finances et du Budget a salué l’ambition portée par ce budget qui « atteint environ 419 milliards de FCFA », tout en soulignant que des efforts additionnels restent indispensables pour aligner l’industrie sur les ambitions de Sénégal 2050.

Il a rappelé que « le secteur secondaire, incluant l’industrie, ne représente encore qu’environ 24% du PIB, tandis que le tertiaire accapare plus de la moitié des richesses nationales ». Une situation qui, selon lui, pose un défi d’équité dans la répartition des revenus et justifie la priorité donnée à l’industrialisation et à la souveraineté alimentaire.

Une stratégie industrielle clairement assumée

Prenant la parole, Dr Serigne Guèye Diop a exprimé sa gratitude pour les félicitations des députés, avant de détailler la vision industrielle du gouvernement. Il a rappelé que l’exécutif a fait le choix d’accorder à l’industrie et au commerce une place centrale dans la transformation économique du pays, comme en témoigne l’augmentation de plus de 600% du budget du ministère, désormais largement orienté vers l’investissement.

Il a expliqué que la nouvelle politique industrielle repose sur une industrialisation endogène, une répartition plus équitable des activités industrielles sur l’ensemble du territoire, une réduction de la dépendance vis-à-vis des importations et un soutien renforcé au secteur privé national. Dans cette perspective, le gouvernement prévoit la création de huit pôles industriels régionaux, couvrant les 14 régions et les 46 départements, sous la coordination de l’APROSI.

Déconcentration industrielle : un impératif

Le ministre a rappelé que Dakar concentre encore près de 80% des industries, un déséquilibre que l’État entend corriger. De nouvelles zones industrielles seront développées à Touba, Bignona, Djibidione et dans d’autres localités, chacune avec une vocation sectorielle précise : automobile, agroalimentaire, textile, etc.Concernant spécifiquement la zone industrielle de Bignona et sa plateforme intégrée, l’ancien maire de Sandiara a reconnu l’existence de problèmes de conception.

Il a assuré que ces plateformes seront restructurées afin de devenir de véritables pôles industriels et logistiques, avec un élargissement des superficies jusqu’à 50 hectares, un dispositif permettant à toute la zone Sud de profiter des retombées économiques.Il a par ailleurs annoncé la mobilisation d’un financement majeur de la Banque africaine de développement (BAD) d’un montant de 30 millions de dollars, destiné à appuyer la création d’une nouvelle zone industrielle dans le département de Bignona.

Le Dr Serigne Guèye Diop a rassuré les députés sur la détermination du gouvernement à tenir le cap de la transformation économique et sociale. « Nous allons changer ce pays à travers l’industrialisation », a-t-il assuré.

Abdoulaye DIAO