BASSIROU DIOMAYE FAYE SUR LES DEFIS MONDIAUX ET LA GOUVERNANCE SPORTIVE: « Le Sénégal ambitionne un sport où les règles sont respectées et les acteurs responsabilisés »
À l’ouverture de la conférence de rentrée du barreau de Dakar, ce jeudi, au King Fahd Palace, le président Bassirou Diomaye Faye a dressé un tableau préoccupant du contexte international, tout en appelant à une refondation de la gouvernance sportive et à un engagement accru des juristes dans la consolidation de l’État de droit.
Dans son intervention, le chef de l’État a mis en garde contre « les mutations inquiétantes de l’ordre mondial ». « Les menaces à la paix et à la sécurité internationale se multiplient à travers le monde. Les normes sont contestées et les engagements internationaux mis à rude épreuve », a relevé Bassirou Diomaye Faye, soulignant ainsi la fragilisation progressive des équilibres internationaux et la nécessité de repenser les mécanismes de régulation.
Le sport, levier de cohésion à structurer
Face aux grands rendez-vous à venir, notamment les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, le président de la République a insisté sur les exigences de gouvernance dans le secteur sportif. « Dans un contexte marqué par l’organisation prochaine sur le sol africain, sur notre terre de la téranga des Jeux olympiques de la jeunesse, je voudrais évoquer avec gravité ce secteur. L’espoir vecteur de cohésion et d’harmonie exige une gouvernance exemplaire, fondée sur la transparence et la rigueur. Nous avons l’ambition de bâtir un écosystème sportif, structuré, où les règles sont respectées, les acteurs responsabilisés et où les talents peuvent s’épanouir pleinement », a martelé le chef de l’Etat dans une sorte mise au point, à travers laquelle il place le sport au cœur des politiques publiques, en tant que moteur de cohésion sociale et de rayonnement international.
Ce propos, dans un tel environnement, est du reste loin d’être anodin. Il est prononcé dans un contexte où le Sénégal mène un rude combat juridique contre la Confédération africaine de football (CAF) qui a retiré aux Lions le trophée remporté sur le terrain lors de la CAN 2025 pour l’offrir au Maroc. Un dossier désormais pendant devant Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne où des avocats sénégalais et étrangers vont livrer bataille pour restaurer la victoire du Sénégal sur le terrain.
Le droit du sport et la responsabilité du barreau
Poursuivant son propos, le président a mis en exergue l’importance croissante du droit du sport, appelant les avocats à s’impliquer davantage dans ce domaine en pleine structuration.
« Le droit du sport, encore en développement, appelle une attention particulière. Le barreau a ici encore un rôle à jouer, notamment dans l’encadrement juridique, la régulation des conflits et la promotion des bonnes pratiques. A travers ces différents chantiers, que sont formation, justice, souveraineté juridique et droit international à repenser, se dessine une même exigence, celle d’un Sénégal juste, d’un Sénégal fort, d’un Sénégal respecté. J’essaie de pouvoir compter sur votre engagement, votre professionnalisme et votre sens élevé de la responsabilité pour accompagner cette dynamique », a-t-il ajouté, invitant ainsi le barreau de Dakar à jouer un rôle central dans les mutations en cours, aussi bien sur le plan national qu’international.
Mamadou Lamine CAMARA

