MAÎTRE ADAMA GUÉYE SUR LA CRISE ENTRE LE CHEF DE L’ETAT ET LE PREMIER MINISTRE: « Le président Bassirou Diomaye Faye n’assume pas sa responsabilité »
Les Ambassadeurs de la paix tirent la sonnette d’alarme et appellent à un dialogue national sans condition pour sortir de l’impasse politique. Lors d’une rencontre publique très suivie, l’avocat Mame Adama Guéye, porte-voix du Collège des ambassadeurs de la paix, a livré une analyse sévère de la situation institutionnelle actuelle, tout en proposant des pistes de sortie de crise.
Le Sénégal traverse « une période particulièrement difficile », marquée par des tensions politiques qui s’ajoutent à des difficultés économiques et financières profondes. « Ces défis ne pourront être surmontés que par la mobilisation de toutes les forces vives », a averti Me Mame Adama Guéye, appelant le président de la République à « assumer pleinement son rôle de garant de la Constitution ».
Maître Guéye a également dénoncé l’absence de réponse du ministre de la Communication, qui n’a toujours pas reçu les représentants du Collège malgré de nombreuses sollicitations. Une attitude qu’il juge inacceptable. « Les autorités sont à la disposition des citoyens. Ce n’est pas acceptable de snober des interlocuteurs », a-t-il fustigé.
Pour l’avocat, une rencontre avec le chef de l’État « n’est pas une faveur, mais une obligation liée à la fonction présidentielle ». D’où son accusation directe. « Moi, j’affirme que le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye n’assume pas sa responsabilité », a-t-il tonné.
Au-delà des critiques, Me Mame Adama Guéye a exhorté les autorités à « passer de la parole aux actes, en privilégiant des mesures rapides et concrètes pour relancer l’économie et apaiser le climat politique, plutôt que de s’enfermer dans des confrontations partisanes ». Il a également appelé l’opinion publique à « rester vigilante et exigeante envers les dirigeants ».
Son message est clair. La gravité de la situation impose un dialogue franc, une coopération sans condition et une prise de responsabilité immédiate de la part du président et de son gouvernement. Les Ambassadeurs de la paix se disent prêts à jouer leur rôle de facilitateurs, mais attendent en retour une réelle volonté d’écoute et d’ouverture.
Abdoulaye DIAO

