CultureSociété

LANCEMENT DE LA 1ÈRE ÉDITION D’ECOFEST À DAKAR: La culture, vecteur de paix et de cohésion sociale en Afrique de l’Ouest

Le Musée des Civilisations Noires a abrité, hier, le lancement officiel de la toute première édition du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture (ECOFEST). Cet événement inédit, organisé par les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA en partenariat avec la République du Sénégal, se tiendra du 30 novembre au 7 décembre 2025 sous le thème : « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : Que peut faire la culture ? ».

Devant la presse nationale et internationale, le ministre de la Culture, Amadou Ba, a dévoilé les ambitions, la vision et les grandes articulations de ce festival appelé à devenir un marqueur puissant de créativité, d’intégration et de cohésion régionale.Un festival attendu depuis 39 ansAprès près de quatre décennies de gestation, ECOFEST voit enfin le jour à Dakar.

L’Afrique de l’Ouest s’apprête ainsi à vibrer au rythme d’une grande célébration artistique rassemblant artistes confirmés, jeunes talents, institutions et acteurs culturels. Cette première édition se veut un rendez-vous stratégique pour promouvoir l’intégration régionale, la paix, la cohésion sociale ainsi que le développement socioéconomique par la culture.

ECOFEST mettra en lumière une diversité d’expressions : musique, danse, arts visuels, artisanat, expositions, performances, ateliers, conférences et rencontres professionnelles.Dans son allocution, le ministre Amadou Ba a rappelé l’importance du thème de cette année, étroitement lié aux défis contemporains de l’Afrique de l’Ouest.

Selon lui, la culture ne doit pas être perçue uniquement sous l’angle du divertissement, mais comme un levier stratégique capable d’influencer les comportements, de renforcer la cohésion sociale et de favoriser un dialogue apaisé entre les peuples.

« L’organisation de cette manifestation d’envergure témoigne de la reconnaissance et de l’engagement de notre nation en faveur du rayonnement culturel de l’Afrique de l’Ouest. La genèse d’ECOFEST puise sa source dans une ambition commune : créer une plateforme pérenne pour célébrer la richesse et la diversité de notre patrimoine matériel et immatériel », a-t-il déclaré, soulignant que ce festival est né de la volonté des chefs d’État de faire de la culture un outil d’intégration, de dialogue et de développement socio-économique.

Le Sénégal veut devenir un moteur des Industries Culturelles et CréativesPour Amadou Ba, accueillir ECOFEST s’inscrit dans la stratégie nationale visant à positionner le Sénégal comme l’un des pôles majeurs des Industries Culturelles et Créatives (ICC) dans l’espace communautaire.

Il a rappelé que les ICC représentent 3% du PIB mondial et près de 30 millions d’emplois, selon l’UNESCO, constituant ainsi un secteur d’avenir pour l’économie et la jeunesse africaine.Un des axes majeurs de cette édition est la valorisation des jeunes artistes et créateurs des 15 pays de la CEDEAO et de l’UEMOA.

ECOFEST se veut une vitrine professionnelle, un lieu de formation et d’opportunités pour une nouvelle génération d’acteurs culturels. « La jeunesse sera au cœur de la programmation. C’est par elle et pour elle que nous construisons l’avenir de la créativité ouest-africaine », a insisté le ministre.

Une programmation riche et diversifiée

Du 30 novembre au 6 décembre, Dakar deviendra ainsi la capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest. Le Directeur général de la Culture, Abdou Simbandy Diatta, a détaillé les grands moments du festival expositions et ateliers, performances artistiques et concerts, pose de la première pierre du Mémorial de Thiaroye, conférences thématiques et rencontres professionnelles d’envergure régionale.

De grands noms sont attendus : Solange Césarovna (Cap-Vert), Ismaël Lô, Baaba Maal (Sénégal), Sidiki Diabaté, Ghiaki (Ghana), entre autres. Des délégations venues de plusieurs pays d’Afrique et d’ailleurs feront d’ECOFEST une plateforme continentale et internationale d’échanges culturels.

Présent à la conférence de presse, le Secrétaire d’État auprès du ministre de la Culture, Bakary Sarr, a annoncé que 12 pays ont déjà confirmé leur participation. « ECOFEST ouvre ses portes avec l’ambition de devenir un rendez-vous majeur de la scène culturelle africaine, mais aussi un laboratoire d’idées pour une créativité tournée vers l’avenir », a-t-il souligné.

Adama AIDARA