ZIFFA- CLAP DE FIN POUR UNE PREMIÈRE ÉDITION ÉCLATANTE À ZIGUINCHOR: Deux réalisateurs sénégalais brillent au palmarès
Après quatre jours de projections, de masterclass et de formation dédiés aux jeunes talents, la 1ʳᵉ édition du Ziguinchor International Film Festival & Animation (ZIFFA) a clos ses portes, ce samedi, à l’Alliance Française de Ziguinchor. Une première édition saluée pour sa richesse, son énergie et la qualité de sa programmation. Et pour couronner ce rendez-vous inédit, deux réalisateurs sénégalais se sont imposés au sommet : « Demba » de Mamadou Dia, sacré Grand Prix Long Métrage, « Guédj Amoul Bankass » de Khalifa Ba, lauréat du 1er Prix Court Métrage.
Ziguinchor, Envoyée spéciale – C’est dans le jardin réhabilité de l’Alliance Française que s’est tenue la cérémonie de clôture, devant un public enthousiaste. Pendant plusieurs jours, la Casamance a vibré au rythme du 7ᵉ art, célébrant une programmation ouverte sur l’Afrique et le monde.
La 1ʳᵉ édition du Ziguinchor International Film Festival & Animation (ZIFFA) a brillamment mis en lumière des œuvres fortes, humanistes et audacieuses, portées par des cinéastes qui interrogent la société, les identités et les émotions humaines. Les jurés, qui ont visionné 12 courts métrages et 9 longs métrages, ont salué « la diversité des regards, la créativité et la profondeur narrative » proposées durant cette édition.
« Demba » de Mamadou Dia : film hypnotique qui touche au cœur
En remportant le Grand Prix du Long Métrage, « Demba » s’impose comme l’œuvre majeure de cette édition. Le jury salue : « Un film qui prend son temps, qui nous plonge dans l’intimité et la solitude d’un homme en plein bouleversement. C’est une œuvre sur le manque, la détresse, la dépression, la folie, un film profondément humain, rythmé par des images hypnotiques qui marquent durablement ».
Les ovations du public témoignent de la force émotionnelle de ce long métrage signé Mamadou Dia, déjà reconnu pour son cinéma sensible et introspectif.
« Guédj Amoul Bankass » de Khalifa Ba : œuvre nécessaire sur la migration
Réalisé par le Sénégalais Khalifa Ba et produit par le Béninois Ivere Hounkpatin, « Guédj Amoul Bankass » remporte le Prix du Court Métrage. Le film aborde, sous un angle renouvelé, la migration irrégulière et ses déchirures. Le jury loue : « Un film original, sensible et homogène, mêlant fiction et documentaire, rituels et quotidien. Une œuvre d’une grande maîtrise technique et narrative, indispensable par sa portée universelle ».
Ce court métrage confirme l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes sénégalais audacieux et engagés.Mentions spéciales et autres distinctionsLe jury a également attribué deux mentions spéciales : « Him » d’Ali Hayati (République islamique d’Iran) et « Dans la peau de Pascal Tessaud » (France).
Le Prix du Public revient à « Princesse Yeengua » d’Abdoul Rakhim, tandis que le Prix du Jury Animation distingue « Proud » du réalisateur belge Mar Henri.Le jardin de l’Alliance Française s’est transformé en véritable scène festive : discussions animées entre cinéastes, derniers échanges autour des films, musique, applaudissements… jusque tard dans la nuit. Cette édition revêt une dimension symbolique forte.
L’Alliance Française de Ziguinchor, gravement touchée par un incendie de 2023, renaît ainsi progressivement et réaffirme son rôle de pilier culturel en Casamance. Le ZIFFA en est l’un des marqueurs les plus éclatants.Un festival jeune, mais déjà porteur d’espoirAu-delà d’un simple événement, le ZIFFA s’impose comme un symbole de résilience, de renaissance culturelle et d’ambition régionale.
La Casamance confirme ainsi son ancrage dans le paysage cinématographique africain et international.Alors que les lumières du festival s’éteignent, l’inspiration demeure.Elle éclaire déjà les prochaines éditions et les futurs projets de l’Alliance Française, portée par une communauté créative et engagée.
Adama AIDARA

