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VIOLENCE DANS LES STADES: Les vieux démons refont surface, la Ligue pro ouvre une enquête

À peine deux journées disputées dans la nouvelle saison de Ligue 1, et déjà les violences refont surface dans les stades. Dimanche dernier, la rencontre entre l’US Ouakam et le Jaraaf de Dakar (1-0), au stade de Ngor, a été émaillée de graves incidents entre supporters, obligeant les forces de l’ordre à intervenir avec des gaz lacrymogènes. Les deux clubs s’accusent mutuellement, tandis que la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP) a annoncé l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités et infliger des sanctions exemplaires.

Ce qui devait être une simple affiche de la 2ᵉ journée s’est transformé en affrontement. Après le coup de sifflet final, des échauffourées ont éclaté dans les tribunes avant de gagner la pelouse. La confusion a été telle que les forces de sécurité ont dû disperser la foule à coups de gaz lacrymogènes. Plusieurs témoins parlent d’une panique générale et d’actes de vandalisme.Dans un communiqué rendu public, la LSFP a exprimé sa « profonde indignation ».

« La Ligue pro regrette les actes de violence enregistrés à la fin du match entre l’Union Sportive de Ouakam et le Jaraaf de Dakar. On ne se lassera jamais de le dire : la violence n’a pas sa place dans nos stades. Ce phénomène injustifié et malheureux ternit l’image de notre football », relève la Ligue.L’instance rappelle que des campagnes de sensibilisation sont menées régulièrement auprès des clubs et des amicales de supporters, et insiste sur la responsabilité collective des acteurs.

« Au moment où nous travaillons à développer le football local, voir ressurgir des scènes d’une telle barbarie est profondément regrettable. Ces actes ne resteront pas impunis », annonce-t-elle.

Une plaie récurrente du football sénégalais

Ces violences rappellent de sombres précédents. En juillet 2017, la finale de la Coupe de la Ligue entre l’US Ouakam et le Stade de Mbour avait tourné au drame avec 8 morts au stade Demba Diop, entraînant sa fermeture jusqu’à la rénovation lancée en 2023 dans le cadre du programme FIFA Forward.Le stade Léopold Sédar Senghor avait lui aussi été sanctionné par la FIFA en 2013 après des incidents lors du match Sénégal-Côte d’Ivoire comptant pour les éliminatoires de la CAN.

Le Sénégal avait écopé d’une suspension d’un an et d’une amende de 100.000 dollars, dont la moitié avec sursis.Face à la récurrence des débordements, la Ligue professionnelle semble décidée à sévir. Elle annonce une « enquête sérieuse » pour identifier les responsables, prévenir de nouveaux incidents et restaurer la crédibilité du football local. « Le sport, c’est le fair-play, la fraternité et le respect », dit-elle. Un message que les acteurs du ballon rond devront désormais traduire dans les faits.

Fatou DIOUF