Journalistes tués au Mexique: «La principale source d’agression est l’État» en «lien avec les groupes criminels»
Le Mexique est l’un des pays les plus dangereux pour la presse. Les attaques sont communes, reflet de la violence qui sévit dans le pays. Le 26 octobre, le corps du journaliste indépendant Miguel Angel Beltran, qui travaillait sur le narcotrafic, a été retrouvé au bord d’une route dans l’État de Durango. Il est au moins le neuvième journaliste assassiné en 2025.
« La principale source d’agressions contre les journalistes dans notre pays, c’est l’État. Ce sont les autorités », affirme Mariana Suarez, de l’organisation de défense de la presse Article 19 à Mexico.
Elle explique comment l’infiltration du crime organisé dans toutes les strates du gouvernement expose les journalistes mexicains qui traitent de sujets lourds comme la corruption ou le narcotrafic. Ils sont victimes d’attaques physiques, mais aussi de menaces et de harcèlement. Alors qu’il existe une police des crimes contre la liberté d’expression au Mexique, seuls 84 enquêtes ont été ouvertes l’année dernière, tous délits confondus.
« Et de tous les cas qui ont été traités depuis la création cette police, on observe que 84,7 % restent dans l’impunité. Entre les liens des groupes criminels avec les autorités et ses failles pour enquêter, ce n’est pas une surprise que seul un journaliste sur trois porte plainte. Il n’y a pas de confiance dans les autorités. »
Depuis les années 2000 au Mexique, l’organisation Article 19 a enregistré 175 assassinats de journalistes. « Nous n’avons vu aucune diminution réelle de cette violence, quel que soit le gouvernement au pouvoir », constate encore Mariana Suarez.
Et l’inquiétude augmente encore face à l’agressivité des discours officiels dans les conférences de presse au Mexique : les autorités y stigmatisent les médias et ont tendance à les présenter comme des ennemis de l’État.

