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ENTRE RUMEURS DE LICENCIEMENT ET MAINTIEN SUR LE BANC:Habib Bèye sur siège éjectable !

Sous pression maximale, l’entraîneur sénégalais du Stade Rennais joue gros ce mercredi soir (20h05) face au TFC. Cinq matchs sans victoire, un jeu en panne et un avenir incertain : le duel du Stadium pourrait bien être celui de la dernière chance pour Habib Bèye.

Mercredi soir, à 20h05, le Stade Rennais jouera bien plus qu’un simple match de championnat sur la pelouse du Stadium de Toulouse. Pour Habib Bèye, ce rendez-vous pourrait sonner comme le dernier appel. Maintenu pour le moment sur le banc par la direction bretonne, l’entraîneur sénégalais joue très gros, sa place à la tête d’une équipe qui n’avance plus.

Rennes reste sur cinq rencontres sans victoire. Son dernier succès remonte au 14 septembre, face à l’Olympique Lyonnais. Depuis, la mécanique s’est grippée enchainant quatre matchs nuls frustrants, puis un revers cruel à domicile, avec un jeu qui peine à séduire. Samedi dernier, la défaite à domicile contre Nice (1-2) a encore accentué la pression. 10e au classement avec 11 points et une différence de buts négative (-2), le club breton compte six longueurs de retard sur la zone européenne et sept sur le podium.

Ce qui semble être beaucoup trop pour une équipe qui avait affiché de grandes ambitions après un mercato estival particulièrement coûteux avec 67,8 millions d’euros dépensés (44,4 milliards FCFA), quatrième club le plus dépensier de France. Pourtant le club breton ne réalise pas un début de saison catastrophique avec un bilan de 2 victoires, 5 matchs nuls et 2 défaites en 9 matchs de Ligue 1 cette saison.

Des attentes élevées, des résultats décevants

Arrivé en janvier dernier pour remplacer Jorge Sampaoli, Habib Bèye avait d’abord convaincu. En prenant les commandes d’un groupe en crise (Rennes était alors 16e), il avait su ramener de la sérénité et assurer un maintien sans véritablement trembler, terminant à la 12e place du championnat.

La direction lui avait logiquement accordé sa confiance, prolongeant son contrat jusqu’en 2026 avec un objectif clair : retrouver l’Europe. Mais le début de saison a pris une tournure bien différente. Entre un rendement offensif en berne, des erreurs défensives récurrentes et des choix tactiques discutés, Bèye semble aujourd’hui à court de solutions.

Les critiques, elles, ne viennent pas seulement des tribunes. L’ancien capitaine de l’Olympique de Marseille traîne une étiquette de consultant qui semble le rattraper au vu de son traitement dans les médias. Pendant des années, Habib Bèye a été une voix écoutée sur les plateaux de Canal+, exigeant, tranchant, souvent critique envers les entraîneurs et les clubs.

Une posture d’observateur avisé devenue, aujourd’hui, un boomerang. Ses prises de position passées sur les plateaux télé alimentent désormais un climat de défiance, amplifié par les contre-performances. On lui reproche en quelque sorte de « trop parler et pas assez gagner ».

Un revers de la médaille avec un bashing qui risque de l’emporter après l’épisode d’un malaise ambiant dans son vestiaire avec certains joueurs cadres qui ne seraient pas d’accord avec ses choix. L’impression d’un homme isolé grandit.

Une dernière chance à saisir

Malgré des rumeurs de licenciement ce lundi, la direction rennaise a ainsi choisi de temporiser. Habib Bèye sera bien sur le banc ce mercredi à Toulouse avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Un sursis, plus qu’un soutien franc. Un succès à l’extérieur relancerait la dynamique et offrirait un peu d’air à un technicien convaincu que son travail finira par porter ses fruits. Une nouvelle contre-performance, en revanche, pourrait sceller son sort.

À l’heure où Rennes cherche désespérément à renouer avec ses ambitions européennes, Bèye joue sa survie. Mercredi, au Stadium, il ne s’agira pas seulement de reconquérir trois points. Il s’agira de sauver une aventure, peut-être déjà à bout de souffle.

Mouhamed DIEDHIOU