OUSMANE SONKO SUR LA DETTE ET LES RESSOURCES PUBLIQUES: « La situation économique du pays est catastrophique, cela ne fait l’ombre d’aucun doute »
Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a présidé, hier, ce lundi, à la Primature, la cérémonie d’installation du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive. À cette occasion, il a livré une analyse sans détour de la situation économique du Sénégal, marquée, selon lui, par un niveau d’endettement alarmant.
« Les richesses que nous créons servent à rembourser la dette », a lancé le chef du gouvernement, pointant du doigt les politiques destructrices menées par les précédents régimes. « Le taux d’endettement du Sénégal avoisine aujourd’hui les 130%. J’aurais aimé que les partenaires sociaux le rappellent dans leurs interventions », a-t-il ajouté, appelant à « une prise de conscience collective ».
Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de changer de paradigme économique. « Aucune justice sociale n’est possible sans création de richesses. Nous voulons souvent redistribuer sans produire, et c’est ce qui explique cette dette cachée. Nous devons d’abord créer la richesse pour pouvoir la partager. Cela suppose des sacrifices. Nous devons tous serrer la ceinture pour relancer notre économie »,
S’adressant aux syndicats présents, il les a invités à replacer leurs revendications salariales dans le contexte économique actuel. « La situation économique du pays est catastrophique, cela ne fait l’ombre d’aucun doute », a-t-il reconnu, ajoutant que « même les institutions financières internationales confirment la gravité de la situation budgétaire ».
« Si les travailleurs exigent des salaires élevés, cela se traduit par une hausse de la pression fiscale. Ce sont des vases communicants », a-t-il expliqué.« Baisse du coût de l’électricité, du gaz et des produits pétroliers… »Malgré ce diagnostic sévère, le Premier ministre a annoncé des mesures destinées à alléger le coût de la vie.
« D’ici quelques jours, des mesures de baisse du coût de l’électricité, du gaz, du gasoil et des produits pétroliers seront effectives », a-t-il promis, indiquant que « ces décisions font suite à un arbitrage budgétaire opéré dans le cadre du Plan de redressement économique et social ».
Le chef du gouvernement a également rappelé les priorités sociales fixées par l’Exécutif : financement déjà bouclé pour 30 établissements de santé, lancement prévu d’une dizaine d’autres en 2026, et un crédit de 20 milliards de FCFA pour soutenir le programme des 30 000 logements sociaux.
Dans le même esprit, le gouvernement entend soutenir les entreprises publiques jugées essentielles à la relance économique. Ainsi, 66 milliards de FCFA sont prévus pour Air Sénégal, et 20 milliards pour la Sonacos.
Par ailleurs, les projets structurants, infrastructures portuaires et aéroportuaires, agropoles, réseau gazier, transferts d’eau, seront financés en priorité par des ressources internes. Ousmane Sonko résume cette stratégie en une formule qui se veut la ligne directrice de son action : « Créer la richesse avant de la redistribuer ».
Abdoulaye DIAO

