DES DIGUES, DES BARRAGES ET DES BASSINS…: Le Sénégal muscle sa riposte aux inondations
Alors que plusieurs localités font face à des inondations récurrentes et à des lâchers d’eaux menaçant vies humaines et récoltes, le gouvernement du Sénégal annonce une série de projets catalytiques pour des solutions durables, notamment dans les zones sensibles comme Touba et Bakel.
Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a fait le point sur les opérations menées par son département dans le cadre de la prévention et de la gestion des inondations pour l’année en cours. Selon lui, l’État entend « réaliser des projets structurants et durables pour atténuer les effets des inondations ».
« L’État envisage de construire des digues à Bakel pour protéger les populations, ainsi que des marigots qui serviront à l’agriculture », a déclaré le ministre, ce vendredi, lors d’une conférence de presse du gouvernement.
Des projets catalytiques pour Touba et Bakel
À Touba, des projets de canalisation, de réalisation de bassins de rétention et de création de lacs artificiels sont prévus pour favoriser l’agriculture et la pisciculture grâce à une meilleure gestion des eaux pluviales.Le gouvernement prévoit également la construction de barrages sur le fleuve Sénégal pour contrôler la Falémé.
« Les barrages sont le seul moyen efficace de lutter contre les crues et les inondations », a insisté M. Dièye, évoquant aussi un programme structurant pour Touba en partenariat avec l’ONAS.
Gestion foncière et libération des voies d’eau
Le Directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations, Madické Cissé, a précisé que le gouvernement mène un vaste projet de libération et de sécurisation des voies d’eau.« Nous avons identifié 1 797 titres fonciers dans la zone du Lac Rose et dans d’autres localités », a-t-il indiqué, soulignant que la mauvaise gestion foncière et l’occupation anarchique des sols constituent des défis majeurs pour la prévention des inondations.
Le ministre Cheikh Tidiane Dièye a assuré que le gouvernement poursuit le renforcement des capacités techniques des services et des communautés locales afin d’améliorer la prévention et la réponse en cas d’inondation.Un système d’alerte précoce a été mis en place pour informer les populations en cas de risque imminent.
« Les mesures préventives, la communication, la sensibilisation et les projets structurants sont essentiels pour renforcer la résilience des communautés », a affirmé le ministre.
Huit milliards pour les sinistrés et opérations pré-hivernales
Le gouvernement a mobilisé 8 milliards de FCFA pour assister les sinistrés et renforcer la prévention. Parmi les réalisations concrètes figurent le curage de 594 km de canaux et le nettoyage de 15 passerelles, la construction de huit digues, l’installation d’équipements de pompage pour évacuer les eaux stagnantes, la distribution de 2 000 matelas et de 10 000 moustiquaires aux sinistrés et la mise en place d’un numéro vert pour informer les populations sur les risques et les consignes de sécurité.
Des bassins de rétention vont également être construits pour stocker les eaux pluviales, tandis que des digues de protection protègent désormais plusieurs zones vulnérables du territoire.Pour Cheikh Tidiane Dièye, ces mesures témoignent de la volonté du gouvernement de « construire une résilience durable » face aux défis climatiques.
« Notre priorité est de protéger les populations, les infrastructures et les moyens de subsistance », a-t-il déclaré, soulignant que la prévention reste le maillon le plus stratégique de la politique nationale de gestion des risques d’inondation.
Abdoulaye DIAO

