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INONDATIONS DANS LES DÉPARTEMENTS DE BAKEL ET KANEL: Le collectif des chefs de village accusent l’État d’abandon

Abandonnés face aux eaux montantes du fleuve Sénégal, les habitants des départements de Bakel et Kanel crient leur désespoir. Le collectif des chefs de village accuse l’État d’inaction et appelle à une réponse d’urgence face à une catastrophe humanitaire annoncée.

Les populations riveraines du fleuve Sénégal, dans les départements de Bakel et Kanel, vivent une situation dramatique. Les récentes inondations, consécutives aux lâchers d’eau du barrage de Manantali, ont plongé des centaines de familles dans la détresse.

Face à la presse, hier, le collectif des chefs de village et des associations locales a exprimé sa colère et son profond sentiment d’abandon.Des familles entières ont été chassées de leurs maisons par la montée des eaux. Des milliers de sinistrés se retrouvent aujourd’hui sans abri, sans assistance, ni perspective d’avenir.

Les dégâts sont considérables : plusieurs centaines d’hectares de cultures ont été détruits en pleine saison agricole, compromettant les moyens de subsistance de populations déjà fragilisées. Des localités comme Ballou, Dembancané, Aroundou, Yaféra, Golmy, Kounghany ou encore Diawara figurent parmi les plus touchées.Face à ce désastre, la réaction de l’État est jugée insuffisante.

Selon le collectif, aucun plan d’urgence digne de ce nom n’a été mis en œuvre, aucun dispositif de secours efficace n’a été déployé, et aucune réponse structurelle n’a été envisagée depuis des décennies. « Ce silence et cette indifférence traduisent un abandon organisé d’une partie du territoire national », dénonce le porte-parole du collectif.Les chefs de village, réunis à Dakar, annoncent la mise en place d’une coordination pour élaborer une riposte collective et interpeller publiquement les autorités.

« Ce point de presse marque un tournant. Il s’agit de mutualiser nos efforts pour faire entendre notre voix et trouver des solutions durables », affirment-ils.Depuis des décennies, ces localités doivent leur survie et leur développement quasi exclusivement aux efforts de leurs fils émigrés, qui ont financé écoles, postes de santé, forages, mosquées et bureaux de poste. Aujourd’hui, ces populations refusent d’être les oubliées de la République. « Nous ne demandons pas la charité, mais simplement la justice. La République est une et indivisible. Aucun citoyen, aucune portion du territoire ne doit être laissée pour compte », martèlent-ils.

Podor également sous menaceLa situation n’est guère plus rassurante à Podor, où la tendance haussière du fleuve se poursuit. Hier, à 8 heures, l’échelle du quai El Hadj Boubou Sall affichait 5,49 mètres, contre 5,47 mètres la veille, soit une hausse de deux centimètres en 24 heures. À la même période l’an dernier, le plan d’eau se situait à 5,45 mètres. Une évolution qui inquiète les autorités locales et les populations riveraines déjà en alerte maximale.

Mariem DIA