HOMOLOGATION DU STADE LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR: Plus d’un milliard nécessaire pour une mise aux normes FIFA-CAF
Après trente mois de fermeture et de réhabilitation et plus de 20 milliards de FCFA investis, le stade Léopold Sédar Senghor n’a obtenu qu’une homologation partielle de la CAF. L’instance africaine a pointé plusieurs manquements techniques dont la correction nécessitera plus d’un milliard supplémentaire. Une situation qui relance aussi la question de l’entretien durable de ce patrimoine sportif emblématique.
Symbole de l’histoire sportive sénégalaise, le stade Léopold Sédar Senghor a rouvert ses portes en avril 2025 après avoir été fermé en 2022 pour de lourds travaux de rénovation. Financée par la République populaire de Chine, cette réhabilitation a duré trente mois et a coûté plus de 20 milliards FCFA à l’État du Sénégal. Lors de la réception officielle, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Mme Khady Diène Gaye, avait salué « une infrastructure modernisée, digne du prestige sportif national ».Le chantier, piloté par Shanghai Construction Group, a permis de redonner au LSS un visage rajeuni, dans un contexte où la concurrence symbolique et fonctionnelle avec le stade Abdoulaye Wade de Diamniadio se fait de plus en plus forte.
Une homologation partielle qui coûte cher
En juillet 2025, la Confédération africaine de football (CAF) a envoyé une mission d’inspection pour vérifier la conformité du stade aux standards internationaux, notamment aux normes FIFA-CAF. Verdict, une homologation partielle dans l’attente d’une mise à niveau avec d’importants travaux pour obtenir l’homologation définitive. En effet, les experts ont estimé que certains points techniques restaient non conformes, rendant nécessaire un investissement supplémentaire de plus d’un milliard de FCFA pour espérer une validation définitive.Un constat qui contraste avec le stade Abdoulaye Wade, conçu selon les standards de dernière génération, et qui souligne la difficulté de moderniser un stade historique sans le doter d’un plan de maintenance et de modernisation continue.
Les exigences de la CAF
La CAF a dressé une liste précise des manquements à corriger.Il s’agit en particulier du rehaussement du tunnel des vestiaires, dont la hauteur actuelle (2,5 m) est jugée insuffisante et doit être portée à 4 m. De l’acquisition d’une tondeuse moderne pour assurer un entretien régulier et uniforme de la pelouse. De la mise en place de bancs de touche aux normes internationales, plus ergonomiques et sécurisés. De l’aménagement des sous-tribunes par pavage, afin d’améliorer la circulation des spectateurs et renforcer la sécurité, entre autres.Ces corrections sont désormais le sésame indispensable pour que le LSS accueille des matchs internationaux de premier plan, qu’il s’agisse de compétitions de clubs ou de rencontres des Lions.
Un joyau menacé par le manque d’entretien
Au-delà des exigences techniques, la vraie inquiétude porte sur l’entretien au quotidien. Plusieurs observateurs redoutent que le stade ne retombe dans les travers du passé : un entretien irrégulier, assuré par quelques équipes de ménage opérant de façon ponctuelle et l’absence de techniciens qualifiés. Or, l’histoire récente montre que l’absence de plan de maintenance conduit rapidement à la dégradation des infrastructures sportives au Sénégal. « On peut investir des milliards, mais si un budget permanent d’entretien n’est pas prévu, les travaux finiront par se dilapider », confie une source proche du dossier.La balle est désormais dans le camp du ministère des Sports, appelé à garantir la durabilité d’un patrimoine qui, au-delà du football, reste un symbole de l’identité sportive nationale.
Fatou DIOUF

