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CYBERATTAQUE CONTRE LA DGID: Les pertes estimées à plus de 50 milliards par semaine…

La cyberattaque qui paralyse la Direction générale des impôts et domaines (DGID) continue de plomber l’économie nationale. Alors que les autorités refusent toujours de céder à la rançon exigée par les hackers, des économistes alertent sur un manque à gagner colossal pour l’État du Sénégal : plus de 50 milliards de francs CFA par semaine.

L’économiste Mamadou Diao Barry, qui intervenait sur les ondes de la RFM, hier, estime que la situation est alarmante. « Tout le flux financier de l’État est impacté, à la fois sur les recettes et les dépenses. Au premier semestre, les recettes fiscales dépassaient 2 000 milliards de francs CFA, soit une moyenne de 11,28 milliards générés chaque jour.

Une seule journée sans recouvrement équivaut donc à une perte de 11 milliards. En une semaine, cela peut atteindre 55 milliards de francs CFA », a-t-il souligné.Cette paralysie, jugée inédite par plusieurs analystes, met en lumière la dépendance quasi totale de l’administration fiscale à ses infrastructures numériques.

Interrogations sur l’absence d’un système de secours

L’économiste Seydou Bocoum s’est, pour sa part, dit sidéré par la durée de la panne. « C’est tout le pays qui est bloqué, car la DGID est une direction stratégique. Sur le plan économique, c’est énorme. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est l’absence d’un système de back-up. Normalement, les données doivent être automatiquement sauvegardées. Comment expliquer qu’une institution aussi sensible puisse rester paralysée pendant une semaine entière ? Deux ou trois jours seraient compréhensibles, mais pas davantage », se demande-t-il.

Payer ou ne pas payer la rançon ?

Face aux pertes colossales, certains experts préconisent tout simplement de régler la rançon. Une option certes controversée, mais jugée pragmatique par Mamadou Diao Barry.« L’histoire montre que ceux qui ont refusé de payer ont souvent fini par perdre beaucoup plus. Pour un petit pays comme le nôtre, il vaut mieux payer, puis reconstruire un système de protection robuste. Sinon, nous risquons de perdre du temps et surtout d’exposer tout l’écosystème économique national », dit-il.

Cette attaque soulève des questions de souveraineté numérique et de cybersécurité. Elle met en évidence les failles du système d’information de l’État, ainsi que l’urgence de mettre en place des mécanismes de résilience.Au-delà de la rançon, la crise actuelle révèle la nécessité d’investir massivement dans la cybersécurité, afin d’éviter que de futures attaques ne plongent à nouveau l’économie sénégalaise dans une situation de blocage aussi critique.

La DGID assure que « la situation est maîtrisée» et plan de continuité activé

La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) a finalement confirmé, ce jeudi 2 octobre 2025, « l’indisponibilité temporaire de ses services en ligne, en raison d’un problème technique détecté sur son réseau ».

Selon un communiqué du Bureau de la Communication et de la Qualité, « des mesures de sécurité ont été prises dès l’identification de l’incident afin de contenir la situation et de renforcer la protection des infrastructures numériques de l’institution ». L’administration fiscale se veut rassurante. « La situation est maîtrisée et toutes les dispositions sont en cours pour assurer un rétablissement complet du réseau », précise le texte.Pour limiter l’impact sur les contribuables et autres usagers, « un plan de continuité du service a été activé ».

Ainsi, toutes les demandes et opérations de paiement peuvent se faire directement aux guichets de la DGID, avec délivrance de quittances sécurisées.Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux plateformes numériques pour les déclarations fiscales et le règlement des taxes, cette interruption technique représente un défi majeur.

Toutefois, la DGID remercie ses usagers pour leur « compréhension et leur confiance », en soulignant que les équipes techniques travaillent activement à un rétablissement rapide des services.

Abdoulaye DIAO