MACKY SALL LEVE LE VOILE: Confidences et anecdotes insolites dans « L’Afrique au cœur »
Entre confidences intimes et coulisses du pouvoir, Macky Sall dévoile dans son livre « L’Afrique au cœur » des anecdotes insolites, de son enfance à Fatick jusqu’aux grandes rencontres diplomatiques. Du cri d’un enfant découvrant l’électricité à Tomboronkoto, au coup de fil inattendu d’Abdoulaye Wade en 2012, l’ancien président sénégalais livre un récit où l’homme se raconte autant que le chef d’État.
Quand l’intime s’invite en politique
Dans son ouvrage « L’Afrique au cœur » (Odile Jacob, 2025), Macky Sall mêle grande vision panafricaine et confidences personnelles. Dès la première page, le ton est donné. Il dédie son livre à ses parents du Fouta, mais aussi à son épouse Marème, « exemple achevé de fidélité, de courage et de bonté », et à ses enfants, sa fille Khatum, ses fils Amadou et Ibrahima, qu’il présente comme son ancrage dans « un monde en pleine mutation ». Une entrée inattendue pour un récit d’ancien chef d’État. Mais surtout, une déclaration touchante qui place l’intime au centre d’un récit politique.
Fatick, berceau d’un futur président
Né en 1961 dans une bourgade marquée par les coupures de courant, les champs d’arachide et du mil, et les conversations de ses parents qui lui ont transmis la fierté des origines peules et sérères. Une fresque villageoise simple et pleine d’odeurs de savane, loin des palais présidentielsAu collège de Fatick dans les années 1970, influencé par son beau-frère enseignant en mathématiques et militant de gauche, le jeune Macky découvre les textes marxistes-léninistes. Il se laisse séduire par les thèses révolutionnaires maoïstes alors en vogue, tout en se rebellant contre l’autorité politique de son père, membre du Parti socialiste au pouvoir. Un portrait d’adolescent militant, loin de l’image lisse du futur président.
Le hasard d’une mission… et d’une rencontre
Ingénieur en prospection pétrolière, Macky Sall part en mission à Diourbel. C’est là qu’il croise Marème, celle qui deviendra Première dame. Une rencontre intime et inattendue, glissée au détour d’un chapitre technique sur ses premières expériences professionnelles dans les hydrocarbures.
Tomboronkoto : le cri de l’enfant des lumières
En mai 2021, à Tomboronkoto (Kédougou), Macky Sall raconte une scène marquante. Lors de l’inauguration de l’arrivée de l’électricité dans ce village reculé, un enfant pousse un cri de surprise, les yeux éblouis, quand la lumière jaillit pour la première fois. « Son sourire émerveillé fut la plus belle de mes récompenses de président », écrit-il. Il compare ce moment à la fresque de Raoul Dufy, « La Fée Électricité », qu’il avait admirée à Paris en 1993.
Le marron, le beige et le cheval
Lors de la création de l’APR, Sall raconte un choix esthétique atypique. Il écarte les couleurs traditionnelles de la politique sénégalaise. Plutôt que les traditionnels rouge, vert ou bleu, il choisit marron, « couleur de la terre et de la ruralité ». Trop terne ? C’est son épouse qui propose d’y ajouter du beige, couleur de ses boubous. L’emblème ? Une tête de cheval, symbole de noblesse, de fidélité et d’endurance.
Le coup de fil de Wade
25 mars 2012. Alors qu’il attend les résultats avec son épouse au Radisson, le téléphone sonne. Abdoulaye Wade, président sortant, l’appelle directement. Au bout du fil, il lui lance : « Je te félicite, tu as gagné ».Macky Sall décrit cet appel comme un moment d’émotion intense, malgré leur rupture politique et leur rivalité électorale. Ce moment solennel et intime, il le définit comme l’un des plus émouvants de sa carrière politique.
Les coulisses de la diplomatie
Dans le chapitre « Une diplomatie à 360 degrés », Macky Sall raconte les rencontres souvent informelles qui rythment les grands sommets. Derrière les discours officiels, il y a des apartés plus humains avec ses homologues, des échanges rapides dans les couloirs ou les voitures officielles, parfois plus décisifs qu’une séance plénière entière.« Les moments furtifs dans les couloirs ou les voitures pèsent parfois plus qu’un discours officiel », mentionne l’ancien président Sénégalais dans un aveu sur « l’importance des apartés diplomatiques ».En mêlant souvenirs intimes et grands enjeux panafricains, Macky Sall livre dans ce second livre un récit à deux vitesses. Celui du témoignage d’un homme de pouvoir, mais aussi d’un mari, d’un père et d’un fils de Fatick. Un livre qui se lit autant comme un essai géopolitique que comme une galerie d’anecdotes croustillantes.
Adama AIDARA

