TOURNEE EUROPÉENNE: Foggia, Thierno Amadou Ba conjugue spiritualité, solidarité et dialogue institutionnel
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L’étape italienne de Poggia restera sans doute comme l’un des moments marquants de la tournée européenne du Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba. Dans cette région du sud de l’Italie, fortement marquée par la présence de travailleurs migrants, le guide religieux a su tisser un fil conducteur entre foi, dignité et action collective. Accueilli avec chaleur et considération, il a multiplié les rencontres qui témoignent d’une diplomatie religieuse à la fois spirituelle et profondément ancrée dans le social.
Casa Sankara, symbole de dignité retrouvée
La première halte, à Casa Sankara dans la ville de San Severo, a donné le ton. Ce lieu, créé et animé par Mbaye Ndiaye et son équipe, est devenu au fil des années un repère incontournable pour les travailleurs saisonniers africains. Plus qu’un centre d’hébergement, il incarne une organisation collective de migrants qui refusent l’exploitation agricole et qui œuvrent pour la dignité et les droits fondamentaux.
« Ici, nous avons voulu prouver que les migrants ne sont pas seulement des victimes, mais aussi des acteurs capables de s’organiser et de bâtir », explique Mbaye Ndiaye, coordinateur du centre.
En s’y rendant, Thierno Amadou Ba a posé un geste hautement symbolique : celui de relier l’action spirituelle et la lutte sociale. Devant ses hôtes, il a rappelé que la foi est aussi une force d’engagement : « La diplomatie religieuse n’est pas qu’un discours, elle est un pont. La foi doit nous guider pour bâtir un monde où la dignité humaine ne se négocie pas. »*
Dialogue avec les institutions locales
L’après-midi du jeudi 11 septembre, la délégation a été reçue à la mairie de San Severo. Le maire, visiblement touché par cette visite, a insisté sur la nécessité d’unir les forces autour de la question migratoire :
« Nos villes sont confrontées à des défis humains majeurs. Avoir à nos côtés des guides spirituels comme Thierno Amadou Ba est une chance, car ils nous rappellent que derrière chaque migrant, il y a une histoire, une dignité et une espérance. »
La rencontre, placée sous le signe de la fraternité, s’est conclue par un échange de présents, symbole de rapprochement et de coopération future.
Un peu plus tôt, le Khalife avait également rencontré le Secrétaire général du Conseil régional des Pouilles, Roberto Vennery, accompagné du président de la Commission de l’immigration. Présentant les objectifs de sa tournée et ceux de l’ONG Fawzywanadiaty (FWN), Thierno Amadou Ba a déclaré :
« Nous devons lutter ensemble contre l’immigration clandestine, mais aussi combattre ses causes profondes : la pauvreté, l’injustice et l’exclusion. »
Les responsables italiens ont salué cette approche. « Le discours du Khalife est porteur d’universalité, a confié un membre de la délégation régionale. Il ne parle pas seulement aux Sénégalais, mais à tous ceux qui croient en une société plus juste ».
Une diplomatie spirituelle en action
À travers ces différentes étapes, une constante s’est imposée : la capacité du Khalife de Bambilor à conjuguer le spirituel et le social. En allant à la rencontre des migrants, des élus locaux et des institutions régionales, Thierno Amadou Ba a rappelé que la foi n’est pas seulement une affaire intime, mais aussi un levier pour construire des passerelles entre communautés et renforcer la solidarité.
« Nous ne sommes pas seulement des croyants, nous sommes aussi des citoyens du monde », a-t-il souligné, insistant sur la responsabilité partagée des peuples face aux défis contemporains.
Pour la diaspora sénégalaise, sa présence a été vécue comme une marque de proximité et d’attention. « Voir le Khalife ici, à nos côtés, c’est comme sentir que nos familles au pays ne nous oublient pas », confie un travailleur saisonnier rencontré à San Severo.
Un message universel
Au-delà du contexte italien, le message porté par le Khalife se veut universel. Il appelle à bâtir un avenir fondé sur la paix, la solidarité et la dignité partagée.
« La paix est notre héritage commun, la dignité est notre droit naturel. Là où les peuples s’unissent, les frontières cessent de diviser », a-t-il conclu.
De Foggia à San Severo, cette étape illustre combien la parole et les gestes de Thierno Amadou Ba trouvent un écho particulier en ces temps où les migrations interrogent les sociétés européennes. Sa tournée européenne se dessine ainsi comme un voyage de fraternité et de ponts jetés entre les cultures.
Après Foggia, le Khalife poursuivra sa visite dans plusieurs autres villes italiennes, selon un calendrier déjà établi : Napoli (5 – 11 septembre), Ravenna (12– 18 septembre), Vicenza (18 – 21 septembre), Bergamo (21 septembre – 2 octobre) avant son retour à Paris début octobre.
Un itinéraire qui traduit sa volonté de rester au plus près des réalités vécues par la diaspora, tout en poursuivant son plaidoyer pour un monde plus solidaire et fraternel.





