24e session des Assises Économiques du MEDS: Discours du Président M. Mbagnick Diop
Messieurs les Ministres représentants Son Excellence le Président de la République et de Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président du Haut Conseil du Dialogue Social – HCDS,
Mesdames, Messieurs les Ministres et Secrétaires d’Etat,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Membres du corps diplomatique,
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar – CCIAD,
Messieurs les Présidents des Organisations Patronales et Professionnelles,
Mesdames, Messieurs, Secrétaires Généraux des centrales syndicales,
Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs Nationaux,
Honorables Invités,
En vos rangs, grades, titres et qualités, tous protocoles observés,
Avant de prononcer mon mot de bienvenue, avec votre autorisation messieurs les ministres, je voudrai commencer à remercier tous ceux qui ont accepté spontanément d’animer les travaux de cette journée de haute portée.
Je remercie les universitaires, les grands économistes présents, les experts, les Directeurs généraux des entreprises publiques, les consultants entre autres…
Tout à l’heure le maitre de cérémonie va décliner leurs noms et fonctions.
C’est avec un immense plaisir et une profonde gratitude que je prends la parole en ce jour marquant l’ouverture de la 24ᵉ session des Assises Économiques Annuelles du MEDS. Cette rencontre, devenue au fil des années une tradition républicaine et un rendez-vous incontournable du dialogue économique, témoigne de notre volonté collective de bâtir un Sénégal prospère, résilient et tourné vers l’avenir.
Le thème que nous avons choisi cette année, « Contribution du secteur privé dans la stratégie de développement à l’horizon 2029 », est au cœur des enjeux actuels de notre nation. Il s’agit d’un sujet stratégique qui interpelle non seulement les entrepreneurs, mais également l’État, les collectivités, les institutions financières et l’ensemble de nos partenaires au développement.
Nous nous retrouvons aujourd’hui pour donner corps à une ambition claire : inscrire la contribution du secteur privé au cœur de la trajectoire nationale, afin que l’horizon 2029 ne soit plus seulement une échéance de calendrier mais un temps gagné sur l’avenir. Le thème de ces Assises nous rassemble comme une boussole, au moment où le pays s’emploie à aligner ses réformes sur un impératif simple et exigeant : bâtir une croissance de meilleure qualité, plus inclusive, mieux ancrée dans nos territoires et mieux armée pour la compétition continentale et internationale.
Le prélude de notre réflexion est connu : le choc de compétitivité n’est pas un slogan, c’est une condition de survie et d’influence. Nous devons rivaliser, non par mimétisme, mais par excellence, et la Stratégie nationale 2025-2029 en a fait une priorité ; elle appelle un État facilitateur et un secteur privé propulseur, capables d’avancer d’un même pas pour que la croissance cesse d’être un agrégat abstrait et devienne une réalité d’usines modernisées, de TPE et PME mieux financées, d’emplois formels qui dessinent des trajectoires de vie. Dans cette marche, la promotion d’un modèle endogène, qui assume la centralité de l’entreprise locale, n’est pas une tentation autarcique : c’est le levier d’une souveraineté économique ouverte, confiante dans les échanges et lucide sur ses intérêts.
Le secteur privé sénégalais représente aujourd’hui plus de 80 % de la création de richesses et des emplois dans notre pays. À l’horizon 2029, il devra jouer un rôle encore plus central dans la réalisation de nos ambitions de croissance inclusive et durable.
Nous sommes à un tournant historique.
- Vu le niveau d’endettement du pays qui dépasse largement les critères de convergences de la zone UEMOA et réduit les marges de manœuvres de l’État.
- Vu la situation d’instabilité dans la sous-région avec les coups d’État et l’avancée des Jihadistes.
- Vu la nouvelle définition de la situation géopolitique dans le monde depuis l’arrivée du Président Trump.
L’ambition ne se mesure pas à l’épaisseur des décrets ; elle se mesure à la part réelle prise par nos entreprises dans la création de richesse. Projeter leur contribution à l’aune des nouvelles opportunités du Code des investissements, c’est amorcer une culture des résultats : combien d’investissements additionnels, combien d’emplois, combien d’exportations et de substitutions aux importations dans nos filières ? La question n’est pas rhétorique ; elle dessine la colonne vertébrale d’un pacte entre l’État et le secteur privé : la puissance publique offre un climat propice, l’entreprise transforme et prouve, trimestre après trimestre, qu’elle tient sa part.
Aucune stratégie de long terme ne prospère sans une fiscalité intelligemment conçue. La justice sociale n’est pas l’adversaire du développement ; elle en fixe les garde-fous. Le nouveau Code général des impôts doit encourager la structuration, pas la dissuader ; il doit attirer la transparence, pas pousser à l’ombre. Aux portes de la formalisation, l’entrepreneur ne doit pas trouver un mur, mais un sas : un système d’imposition et de recouvrement qui accueille les premiers pas, qui reconnaît la saisonnalité de l’activité, qui récompense la conformité et qui sait corriger sans briser. Dans la durée, la fiscalité doit devenir une alliée de la viabilité et de la durabilité : elle n’est pas un prélèvement, elle est un contrat.
Reste la grande équation des moyens. Les projections budgétaires de l’État pour 2025-2029 doivent rencontrer les attentes d’un secteur privé qui ne demande ni faveurs ni rentes, mais de la visibilité, des délais de paiement crédibles, une administration rapide, une justice commerciale prévisible, des infrastructures fiables et une énergie compétitive. Le plan de redressement économique et social, pour tenir sa promesse, gagnera à s’adosser à des cadres de performance partagés, où chaque réforme s’évalue au prisme de ses effets mesurables sur l’investissement, l’emploi, l’export et la productivité. La dépense publique ne soutient l’économie que si elle devient levier ; elle ne devient levier que si elle libère l’initiative.
L’heure est venue, chers amis, pour que notre nation trouve des réponses à toutes ces problématiques. Heureusement que nous sommes le Sénégal ce peuple grand et élégant qui assume son leadership dans les moments importants (le rugissement de nos lions du football avant-hier au Congo en est un parfait exemple), impossible n’est pas Sénégalais.
Avec l’entrée en production de nos ressources pétrolières et gazières, la modernisation de l’agriculture, l’essor de l’économie numérique et l’émergence d’un tissu industriel local, nous avons l’opportunité de transformer structurellement notre économie. Mais cela ne sera possible que si le secteur privé devient le véritable moteur de cette transformation.
Ce défi nécessite un partenariat fort et équilibré entre l’État et le secteur privé. Le gouvernement doit créer un environnement des affaires propice : des réformes fiscales et réglementaires claires, une justice commerciale efficace, et une infrastructure moderne.
De notre côté, en tant qu’acteurs privés, nous avons le devoir d’innover, d’investir et de contribuer activement à la création de chaînes de valeur locales, tout en renforçant la compétitivité de nos entreprises.
Au MEDS, nous savons que les idées n’avancent qu’à la vitesse de l’exécution. C’est pourquoi nous souhaitons que ces Assises demeurent un lieu d’ouvrage autant que de débat : un temps où l’on pose les diagnostics, bien sûr, mais surtout où l’on fixe les jalons de la mise en œuvre, avec des calendriers, des responsabilités partagées, des points d’étape réguliers. L’organisation des discussions, avec ses rôles clairement identifiés, est moins un protocole qu’une méthode : un modérateur pour la clarté, des communicants pour l’expertise, des discutants pour la contradiction féconde, et des participants invités à enrichir le propos de leurs expériences de terrain. De ce tissage naît la confiance ; de la confiance, les décisions.
À travers le MEDS, nous continuerons à promouvoir un secteur privé fortement engagé dans la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, la formation des talents et la valorisation de nos ressources locales.
Notre horizon, c’est 2029.

