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Écroué par le Doyen des juges: Sale temps pour Amidou Djiba

Le quotidien Libération révèle une nouvelle page sombre dans le long feuilleton de la crise casamançaise. Amidou Djiba, 61 ans, qui s’était autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) de Mangoukoro, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi dernier par le doyen des juges. Arrêté le 20 août 2025 à Ziguinchor, il a passé sa première nuit derrière les barreaux, cette fois encore pour des faits lourds : complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, participation à un mouvement insurrectionnel et association de malfaiteurs criminelle.

Une arrestation minutieusement préparée

Selon Libération, l’opération ayant mené à son arrestation a été conduite conjointement par les Sections de recherches (SR) de Dakar et de Ziguinchor. Après plusieurs jours de filature, Amidou Djiba a été intercepté le 20 août aux environs de 18 heures à Bouloum, près de Boutoute, alors qu’il circulait à moto. Escorté jusqu’à Dakar, il a été pris en charge dès le lendemain matin par la SR de la capitale pour les besoins de l’enquête.
Parallèlement, une perquisition effectuée à son domicile de Djibock, à Ziguinchor, a permis la saisie de tee-shirts jugés compromettants, floqués de symboles liés au mouvement indépendantiste.

Des propos incendiaires à l’origine de sa chute

Toujours selon Libération, la descente de la SR trouve son origine dans des propos jugés particulièrement graves tenus par Amidou Djiba lors d’une cérémonie de commémoration dédiée à l’abbé Diamacoune, figure historique du MFDC. Filmés et diffusés, ces déclarations auraient fortement inquiété les autorités, convainquant le parquet de demander l’ouverture d’une information judiciaire.

Un visage familier des geôles sénégalaises

Ce n’est pas la première fois qu’Amidou Djiba se retrouve dans le viseur de la justice. En 1995 déjà, il avait été arrêté lors d’une opération militaire et détenu pendant quatre ans à la prison de Rebeuss, avant de bénéficier d’une libération dans le cadre des négociations entre l’État et le MFDC.
Trois décennies plus tard, le sexagénaire replonge dans les mêmes accusations, confirmant son statut de figure controversée et persistante du dossier casamançais.