Le Royaume-Uni autorisé par la justice à continuer à héberger des demandeurs d’asile à l’hôtel Bell d’Epping
Depuis le 8 juillet, des rassemblements réclamaient la fermeture de ces hôtels et la fin de l’accueil des demandeurs d’asile, après la mise en examen de l’un d’entre eux au nord de Londres pour agression sexuelle. La semaine dernière, la justice avait ordonné la fermeture de l’hôtel Bell, point de départ des manifestations. Et la Cour d’appel a renversé vendredi 29 août cette injonction.
L’hôtel Bell à Epping ne sera pas évacué le 12 septembre. Selon la Cour d’appel, l’injonction temporaire de la semaine dernière présentait le risque d’encourager de nouveaux rassemblements aux abords des hôtels, puisqu’elle pouvait sembler donner raison aux manifestants, qui ont pu se montrer violents.
Elle constituait également un précédent qui aurait pu inciter d’autres localités à faire évacuer leurs hôtels. Or, le ministère de l’Intérieur n’a pas encore de capacités alternatives pour loger ces 32 000 demandeurs d’asile hébergés dans des établissements privés.
Pour autant, il ne s’agit pas d’une victoire pour le gouvernement. Cette décision risque de raviver les tensions : les mouvements nationalistes ont le sentiment que les droits des demandeurs d’asile prévalent sur les leurs.
Le gouvernement britannique critiqué sur la question de l’accueil des migrants
La cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch a accusé le Premier ministre travailliste Keir Starmer de « privilégier les droits des migrants illégaux par rapport aux droits des Britanniques qui souhaitent simplement se sentir en sécurité dans leurs villes et communautés ».
De nouveaux rassemblements, placés sous le signe de la colère, pourraient bien être organisés à travers le pays dans les jours qui viennent. Sept Britanniques sur 10 considèrent que l’exécutif gère mal la question de l’accueil des migrants et l’épisode est encore loin d’être terminé, puisqu’il ne s’agissait que de mesures temporaires : la justice doit examiner une demande de fermeture permanente de l’hôtel Bell à la mi-octobre.
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer a promis de ne plus avoir recours d’ici à 2029 à ce type d’hébergement, jugé trop onéreux. Le nombre d’hôtels utilisé pour héberger des demandeurs d’asile « a presque diminué de moitié après avoir atteint un pic en 2023 », a mis en avant après la décision de la cour d’appel Angela Eagle, secrétaire d’État en charge de l’asile.

