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OUSMANE SONKO RÉPOND À SES DÉTRACTEURS: « Un pays vit de fiscalité, ça ne veut pas dire que la fiscalité doit étouffer le pays »

Face aux critiques sur sa vision économique, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à réaffirmer sa position sur la fiscalité, qu’il considère comme le socle incontournable du fonctionnement de tout État. Défendant une approche modérée et élargie, il a répondu point par point à ceux qui l’accusent de vouloir alourdir les charges des contribuables.

« J’ai entendu des gens dire qu’un pays ne vit pas de fiscalité. Un pays vit de quoi ? Vous avez la fiscalité, vous avez la dette, vous avez l’aide au développement, vous avez la monnaie dont nous ne disposons pas, nous n’avons pas de politique monétaire. Si vous ne vivez pas de fiscalité, vous vivez de quoi ? De dette ? Un pays vit de fiscalité, la dette même c’est de la fiscalité différée du moins. Vous empruntez, mais vous payez avec la fiscalité », a-t-il déclaré, mercredi, lors d’une rencontre avec le secteur privé national sur son Plan de redressement économique (PRES).

Le chef du gouvernement a tenu à préciser sa vision : « Un pays vit de fiscalité, ça ne veut pas dire que la fiscalité doit étouffer le pays. Ça n’a jamais voulu dire ça. Moi, je suis partisan d’une politique fiscale que je défends depuis très longtemps, avec les taux les plus modérés possible et une assiette la plus large possible. Et c’est ça qu’on va mettre dans la réforme fiscale. Mais la fiscalité, ce que nous partageons, notre souhait d’avoir une bonne qualité d’offre en biens et services publics ».

Ousmane Sonko se veut porteur d’une vision de long terme, au-delà des solutions ponctuelles. « Moi, je parle de vision sur le moyen terme. Je suis un homme politique, en tout cas, je le pense. Et mon rôle, ce n’est pas d’être tout le temps dans le conjoncturel, dans le ponctuel. Tout de suite et maintenant, ici c’est difficile, là-bas c’est difficile. Mais c’est de dire, tout ce qui est difficile ici ne doit plus l’être. Il nous faut trouver des solutions structurelles. Il nous faut arrêter les pansements en superficie », a-t-il souligné.

Concernant les difficultés de paiement des entreprises locales, il a exprimé sa solidarité. « Le monsieur là a dit, un entrepreneur du BTP qui a du mal à payer ses salaires. Ça ne me plaît pas. J’en souffre. Et si j’avais tout de suite les moyens de payer toute la dette intérieure, je la paye tout de suite. Avant 19 heures, tout le monde reçoit son dû. Mais je fonctionne avec les capacités dont je dispose. Mais je ne veux pas d’ici deux ans que ce type de problème se reproduise, au point qu’on dise que quelqu’un a travaillé très dur, mais n’a pas reçu son argent. Pourquoi ? Il faut qu’on touche les choses dans le fond », a préconisé Sonko.

Enfin, Sonko a rappelé que son action ne se limite pas à la recherche de popularité électorale.
« L’homme politique doit avoir le courage, si il y a une pression à subir, c’est nous qui la subissons. Si on était dans la dynamique de dire, ah 2029 approche et on va vers une élection, on agirait autrement. Mais nous ne sommes pas là pour cibler la prochaine élection. Les Sénégalais choisiront et apprécieront ce qu’on a eu à faire. Mais ils nous demandent des solutions structurelles et définitives », a-t-il ajouté.

(L’informer)