Sénégal: face aux noyades qui se multiplient, des bénévoles s’activent pour protéger les baigneurs
Mamadou Sarr et ses amis ont eu un déclic en 2021, après un drame : onze jeunes se sont noyés collectivement à Malika. Un choc pour la communauté. Depuis, ils ont décidé de prendre les choses en main et de devenir maîtres-nageurs bénévoles. Chaque été, ils patrouillent jour et nuit le long des neuf kilomètres de plage, pour aller à la rencontre des baigneurs. Les dangers sont nombreux : forts courants, et surtout des baïnes, ces trous d’eau difficiles à repérer : « Le danger de la plage, c’est ça. Les gens ne connaissent pas la plage. Ils voient les jeunes calmes. Ils croient que c’est bon pour se pour baigner. Mais là, c’est faux. Il y avait du courant. »
Impossible de faire respecter l’interdiction
En théorie, Malika n’est pas autorisée à la baignade, mais sur le terrain, impossible de faire respecter cette interdiction. Moustapha Camara est le secrétaire général des maîtres-nageurs de Malika plage : « Si tu peux dire à un enfant de la banlieue d’aller en ville, ça cause un problème parce qu’il n’aura pas de transport pour y aller là-bas. Et si c’est plus près, donc il va venir ici. Il faut de la surveillance. S’il n’y a pas de surveillance, il y aura des noyades. »
Une trentaine de bénévoles
Aujourd’hui, l’équipe compte une trentaine de bénévoles, dont la moitié ont suivi une formation de maîtres-nageurs. Ils demandent un soutien concret des autorités : « On n’a pas de matériel de sauvetage. On fait du sauvetage comme ça, à mains nues. On demande du soutien, de nous prendre en charge parce qu’on n’a pas de salaire, donc c’est un peu difficile ». Depuis janvier, plus de 100 victimes de noyade ont déjà été recensées au Sénégal.

