Serbie: des manifestations dégénèrent en affrontements, le président Vucic parle de «terrorisme»
Des affrontements entre manifestants anticorruption d’une part, et forces de police et soutiens du régime du président Vucic d’autre part, ont encore éclaté vendredi 15 août dans plusieurs villes de Serbie. On dénombre des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations. La situation dans le pays est restée tendue tout l’été. La poussée de violence actuelle a commencé mardi soir, lorsque les supporters du régime s’en sont pris aux manifestants à Vrbas, petite ville du nord de la Serbie.
La situation est très volatile dans les grandes villes de Serbie, avec des incidents violents ayant éclaté dans la capitale Belgrade, mais aussi à Novi Sad, Nis et Kraljevo. À l’appel des étudiants contre la corruption, les manifestants, très remontés contre la police et les supporters du président Aleksandar Vucic, se sont rendus devant les permanences du parti au pouvoir, dont deux ont été saccagées. En face, les soutiens de Vucic, armés de pierres et de gourdins, ont attaqué, tirant des fusées d’artifice vers les cortèges, devant une police impassible.
Dans plusieurs villes, policiers et militants anticorruption se sont affrontés, occasionnant des blessés dans chaque camp. Le ministère de l’Intérieur a fait état de 37 arrestations et de 42 policiers blessés. Aleksandar Vucic, qui a pris la parole dans la soirée, refuse toujours d’organiser des élections anticipées. Il qualifie les manifestants de « terroristes ».
La Serbie connaît des manifestations quasi quotidiennes depuis novembre 2024, après l’effondrement du toit de la gare de Novi Sad qui a causé la mort de 16 personnes. Un accident que beaucoup attribuent à la corruption systématique qui caractérise le pouvoir en place.

