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Turquie: deux étudiantes françaises poursuivies pour avoir transporté des valises de drogue

Deux étudiantes françaises ont été arrêtées à l’aéroport d’Istanbul en Turquie avec deux valises remplies de stupéfiants. Elles sont incarcérées à la maison d’arrêt de Marmara, près d’Istanbul, depuis le 28 février 2025, mais l’information a été rendue publique il y a quelques jours seulement. L’avocate d’une des étudiantes assure qu’elles ont été « manipulées » par un trafiquant de drogue incarcéré en France.

Ce devait être des vacances de rêve en Thaïlande pour deux étudiantes françaises de 21 ans. Billets d’avions, hôtel de luxe… Un voyage entièrement payé par un ancien camarade du lycée qui devait les rejoindre sur place. Il n’est finalement jamais arrivé, mais les deux jeunes femmes ont continué à échanger par téléphone portable au cours de leur voyage. Le trajet retour a viré au cauchemar.

Au moment du départ, à l’aéroport de Bangkok, ce même ami leur demande d’embarquer des affaires qu’il a laissées sur place. Il s’agit de deux valises dont il dit qu’elles lui appartiennent. Elles sont cadenassées et rapportées aux deux étudiantes par un inconnu. Il leur indique simplement qu’elles contiennent des produits issus de la contrefaçon. En totale confiance et ne se doutant de rien, elles acceptent de les prendre avec elles. C’est lors de l’escale à Istanbul, en Turquie, que les douanes interceptent ces valises. Elles sont remplies de cannabis.

Deux étudiantes piégées ?

« J’ai découvert que cet ami est en fait détenu à la maison d’arrêt d’Amiens, dans le nord de la France » explique MeCarole-Olivia Montenot, l’avocate d’une des deux jeunes filles, jointe par RFI.Elle mène des recherches pour identifier celui qui a commandité cette opération et qui a piégé les deux jeunes femmes. « Aujourd’hui, en France, vous pouvez avoir un détenu qui, depuis sa maison d’arrêt, a un téléphone portable et pilote des opérations. C’est tout à fait scandaleux », renchérit l’avocate qui indique avoir saisi le parquet d’Amiens « pour qu’il réalise les investigations nécessaires ». Toujours selon cette avocate, les deux jeunes femmes ignoraient que cet ami du lycée était incarcéré.

Aujourd’hui, ajoute MeCarole-Olivia Montenot, « j’attends d’avoir accès à plus d’informations concernant le déroulé des faits pour éventuellement déposer plainte contre le jeune homme ». La famille souhaiterait également engager la responsabilité de l’État français qui a, selon elle, failli à sa mission. Elle considère que c’est à la charge de l’administration pénitentiaire de s’assurer qu’une personne en détention n’est plus en mesure de nuire à la société. Et de protéger les citoyens français d’individus dangereux.

Les deux jeunes femmes doivent être jugées le 11 septembre prochain en Turquie. Elles encourent 16 ans de prison pour trafic de stupéfiant.