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Thaïlande-Cambodge: après les affrontements, l’angoisse des étudiants khmers restés à Bangkok

À cause de la discrimination et de l’insécurité, plus de 400 étudiants khmers, sur environ 1 900 inscrits dans des établissements thaïlandais, sont rentrés au Cambodge depuis le début du conflit, selon la presse cambodgienne.
Ces derniers temps, Menglong dort mal, mange peu. Cet étudiant cambodgien en Thaïlande vit dans l’angoisse, impuissant face aux hostilités entre son pays d’accueil et son pays natal.

« C’est un sentiment contradictoire pour moi. La Thaïlande, c’est un peu ma deuxième maison. Je vis ici depuis presque sept ans. Alors voir ces deux pays, auxquels je tiens profondément, en conflit… c’est difficile. Et puis, ce nationalisme extrême poussé par chaque camp, ça ne fait qu’alimenter la haine. »

D’autant plus inquiet qu’il est originaire d’une région frontalière : « Ma famille vit dans une province proche de la frontière. Depuis le début des affrontements, je n’arrive plus à me concentrer sur mes études. Comment je pourrais, si ma famille est en danger ? Et c’est pareil pour eux : mes parents s’inquiètent pour moi, à cause des agressions commises ici par des extrémistes thaïlandais contre des travailleurs cambodgiens. »

Comme ses amis cambodgiens, il évite de parler khmer en public et ne sort pas du campus. « J’ai aussi été victime de remarques blessantes. Mais je ne veux pas généraliser. Et j’aimerais que les Thaïlandais ne le fassent pas non plus envers les Cambodgiens. J’ai rencontré ici des gens incroyablement bienveillants. Dès le début du conflit, mes amis thaïs m’écrivent pour prendre de mes nouvelles, me dire qu’ils sont là si j’ai besoin de quoi que ce soit. »

Plus de 400 étudiants khmers sont rentrés au Cambodge, mais Menglong, lui, a choisi de rester. Il continue de croire en la coexistence pacifique entre les deux peuples.