États-Unis: le redécoupage électoral au Texas, une stratégie pour diluer le vote démocrate lors des Midterms
Aux États-Unis, une bataille politique et stratégique fait rage entre républicains et démocrates, et notamment au Texas. La Maison Blanche a récemment appelé les dirigeants républicains pour les convaincre de procéder à un redécoupage électoral dans l’espoir de gagner quatre ou cinq sièges supplémentaires à la Chambre des représentants.
Tous les 10 ans, les États-Unis organisent un recensement de la population : c’est inscrit dans la Constitution. Cela permet de déterminer le nombre d’élus à la Chambre des représentants attribué à chaque État. Selon la taille de sa population, un État peut ainsi gagner ou perdre des sièges tous les 10 ans.
Le pouvoir législatif de chaque État découpe ensuite les circonscriptions électorales. Parfois, la majorité en place est tentée de maximiser ses chances pour garder le pouvoir. C’est ce qu’on appelle le gerrymandering, un redécoupage pour faire en sorte que les électeurs du parti opposé, même s’ils sont majoritaires dans l’État, se retrouvent disséminés au sein de circonscriptions où ils se retrouvent minoritaires.
Le gerrymandering
Le mot gerrymandering vient du nom du tout premier gouverneur qui a utilisé cette technique pour s’assurer une victoire. Il s’appelait Gerry et il avait tellement manipulé la carte que la circonscription visée ressemblait presque à une salamandre. Le Gerry-Mandering a alors vu le jour il y a plus de 200 ans et c’est une pratique qui continue.
Il y a quelques jours, le gouverneur républicain du Texas a convoqué une session spéciale du Parlement local avec pour but de réviser la carte électorale de l’État, fait rare en dehors du recensement décennal. Le dernier a eu lieu en 2020. Le ministère de la Justice en aurait fait récemment la demande officielle, jugeant illégales certaines circonscriptions. Une lecture du droit électoral assez inédite.
Une bataille des cartes électorales signée Donald Trump
Ce redécoupage a lieu à la demande explicite de Donald Trump qui a publiquement affirmé qu’il espérait ainsi « obtenir cinq sièges supplémentaires » au Texas. Le président ne cache pas d’ailleurs vouloir reproduire la même chose dans d’autres États, car il tente de maximiser ses chances de conserver la majorité de son parti au Congrès. Une majorité qui lui permet de faire voter les lois qu’il veut.
Les chefs démocrates jugent honteux le projet républicain et tentent de s’organiser. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a même proposé d’utiliser cette même stratégie. Le problème, c’est que dans plusieurs États dirigés par les démocrates, ils ont eux-mêmes mis en place des commissions indépendantes non partisanes chargées du redécoupage électoral : soit ils violent leurs propres règles, soit ils demandent directement aux électeurs d’autoriser un nouveau découpage.

