Economie

Hausse surprise des prix à la consommation en juin 2025


L’inflation bondit à 0,8%, tirée par les denrées alimentaires et les transports

Après plusieurs mois de modération, l’inflation repart à la hausse au Sénégal. En juin 2025, les prix à la consommation ont connu leur deuxième plus forte progression annuelle en un an, alimentant les inquiétudes sur la persistance des tensions inflationnistes dans plusieurs secteurs clés.

Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le taux d’inflation au Sénégal a atteint 0,8% en glissement annuel en juin 2025, contre 0,3% en mai, soit son niveau le plus élevé depuis janvier.

Cette accélération est principalement portée par le renchérissement des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, en hausse de 0,6% après quatre mois consécutifs de recul. Les secteurs du logement et des services publics(+1% contre 0,5% en mai) ainsi que des transports (+1,6% contre 0,3%) ont également contribué à cette dynamique haussière. Dans une moindre mesure, les prix ont aussi augmenté dans la catégorie loisirs, sport et culture (+1,1% contre -0,4%).

En revanche, une décélération des prix a été observée dans d’autres segments comme les boissons alcoolisées et le tabac(7,7% contre 8,8%), l’habillement et les chaussures (0,1% contre 0,3%), ainsi que dans le domaine de la santé (2,2% contre 2,3%). La baisse des prix dans les services d’information et de communication s’est atténuée (-4,5% contre -6,8% en mai).

L’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors énergie et produits frais, a progressé de 2,8% sur un an, contre 2,1% en mai. Ce rebond confirme une diffusion plus large des pressions inflationnistes au-delà des chocs exogènes habituels. Sur une base mensuelle, les prix à la consommation ont bondi de 0,9%, marquant la plus forte hausse depuis février, après une progression de 0,3% en mai.

Malgré cette accélération ponctuelle, le Sénégal reste parmi les pays les moins touchés par l’inflation au sein de l’UEMOA, avec un taux toujours inférieur au seuil de 3% fixé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). L’augmentation de juin s’explique aussi par un effet de base, en comparaison avec une forte déflation enregistrée à la même période l’an dernier.

Abdoulaye DIAO