Barthélemy Dias exige la libération des «détenus et otages politiques»
Le président du mouvement «Sénégal Biñu Bokk» a fortement réaffirmé hier sa position d’opposant au régime incarné par le tandem Diomaye-Sonko, à qui il souhaite faire face à la tête d’une «large coalition».
Dans les éclats de voix qui ont animé le brouhaha politique de ces dernières semaines, il a comme manqué la sienne. Celle qui porte sa signature assumée de «tribun politique» au verbe particulier et à la verve singulière, qui nomme les choses à sa façon. Et fait de la politique à sa manière. Barthélémy Dias est de retour à Dakar, après un long séjour à Paris. Et il a tenu à le faire savoir. Surtout au régime de Pastef, guidé par le tandem Diomaye Sonko.
Face à la presse hier, le leader du mouvement Sénégal Bi Ñou Bokk, a annoncé la mise en place d’une nouvelle entité destinée à «faire face aux dérives du régime Pastef». «Je reste convaincu qu’il y a une nécessité de mettre en place une vaste coalition d’acteurs politiques et de la société civile. Je rappelle que cette société civile n’est pas constituée de ‘fumiers’ et surtout d’activistes et de lanceurs d’alerte», a annoncé l’ex lieutenant de Khalifa Ababacar Sall. «Il est temps de se mobiliser, de manifester et de faire face pour que ceux qui ont des penchants qui relèvent d’une pensée dictatoriale comprennent définitivement qu’ils n’impressionnent personne dans ce pays, pour ne pas dire qu’ils font pitié et qu’ils ont intérêt à revenir à la raison. Parce que ce qui se passe, nous ne l’accepterons plus», a ajouté l’ancien maire de Dakar. Se faisant l’avocat de la société civile que le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment critiqué. «Les acteurs de la société civile ne sont pas des fumiers. Cette société civile a toujours été là, en première ligne. Elle mérite respect et reconnaissance», a-t-il défendu.
Barthélemy Dias, a fustigé l’incarcération de plusieurs figures de l’opposition et de la société civile. Pour l’ex-maire de Dakar, ces incarcérations constituent «une sérieuse atteinte à la liberté d’expression au Sénégal». Dès lors, il a réclamé la libération de ces personnes qu’il considère comme des «détenus politiques» voire des «otages politiques». Parmi eux, il a cité nommément Assane Diouf, Abdou Nguer, Moustapha Diakhaté, Djiby Ndiaye, Bachir Fofana et «(son) frère Badara Gadiaga» Pour le cas du journaliste Bachir Fofana, l’ex-maire de Dakar a publiquement interpellé l’ONG Reporters sans frontières sur son cas. Selon Barthélémy Dias, «Bachir Fofana n’a fait que son métier : informer» «A travers Bachir Fofana, on cherche à museler une presse libre et indépendante. J’invite à ce titre Reporters sans frontières à prendre ses dispositions et ses responsabilités», a-t-il lancé à l’endroit de la structure dirigée par Sadibou Marong.
Mame Ndella FAYE

