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Dr Ibrahima Fall, nutritionniste « En 2024, Diourbel à enregistré plus de 1000 cas de malnutrition infantile »

Le district sanitaire de Diourbel fait face à une situation préoccupante sur le front de la malnutrition infantile. Malgré les efforts des autorités sanitaires, le fléau persiste avec un nombre alarmant de cas pris en charge chaque année. Spécialiste en santé publique et nutritionniste, le Dr Ibrahima Fall, point focal nutrition du district, dresse un état des lieux sans complaisance et évoque les défis majeurs du système de prise en charge.

Le District de Diourbel, l’un des quatre districts sanitaires de la région éponyme, enregistre chaque année un nombre important d’enfants souffrant de malnutrition. « En 2024, plus de 1000 cas de malnutrition infantile ont été recensés dans le district de Diourbel, qu’ils soient sévères, compliqués ou non », selon le docteur Ibrahima Fall, spécialiste en santé publique et nutritionniste. « Ces enfants ont tous été suivis dans les structures sanitaires du district », précise-t-il.

« Le district de Diourbel fait partie des zones où la malnutrition représente un véritable problème de santé publique. Malgré la présence de centres et postes de santé, la demande reste très forte, et nos structures sont souvent saturées », alerte Dr Fall.

La prise en charge, selon lui, est adaptée à la gravité du cas. « Lorsqu’un enfant souffre de malnutrition sévère avec complications, nous procédons à une hospitalisation. L’approche consiste à traiter la malnutrition elle-même tout en corrigeant les facteurs aggravants. Si l’évolution est favorable, la prise en charge peut ensuite se poursuivre à domicile, avec des visites régulières au centre de santé », explique-t-il.

Cependant, le spécialiste pointe du doigt le retard de dépistage comme l’un des principaux obstacles à une prise en charge efficace. « La majorité des mères ou des gardiennes d’enfants ne consultent que lorsque l’enfant présente des complications. Il est pourtant essentiel d’agir dès les premiers signes pour garantir un traitement rapide et approprié », insiste Dr Fall.

Il cite également l’insuffisance d’allaitement maternel exclusif, certaines croyances néfastes et les difficultés économiques comme des facteurs aggravants. Malgré ces contraintes, des progrès notables ont été enregistrés. « Cette année, plusieurs stratégies ont été renforcées, notamment la décentralisation de la prise en charge vers les cases de santé. Une dizaine d’entre elles dans le district ont été formées pour gérer la malnutrition aiguë sévère non compliquée », indique-t-il.

Ces avancées permettent de désengorger les centres spécialisés et d’améliorer l’accessibilité des soins au niveau communautaire. Un motif d’espoir pour le nutritionniste, qui conclut : « Nous espérons que, grâce à ces efforts, cette maladie longtemps négligée sera bientôt maîtrisée ».

Viviane DIATTA