Les jeunes restent attachés à la démocratie, mais formulent des critiques
La démocratie ne convainc pas 40% des jeunes Européens, selon un sondage. Certains affirment ne pas avoir d’avis sur la question, tandis que d’autres se disent même prêts à opter pour un régime autoritaire. Si ces résultats confirment une tendance observée ces dernières années, les chiffres doivent être nuancés.Plus de 6000 jeunes âgés de 16 à 26 ans venant de sept pays – Allemagne, France, Espagne, Italie, Grèce, Pologne et Royaume-Uni – ont participé à ce sondage réalisé par l’institut YouGov pour TUI Foundation. Pour 57% d’entre eux, la démocratie reste la meilleure option. Mais cela signifie également que 43% sont insatisfaits par ce modèle, 21% affirmant même qu’un régime autoritaire serait préférable « dans certaines circonstances ».Le sondage ne précise cependant pas de quelles « circonstances » il s’agit. Selon Camille Bedock, politiste à Sciences-Po Bordeaux, il faut donc nuancer ces chiffres: les jeunes se détachent bien de la démocratie, mais ce n’est pas pour autant qu’ils souhaitent vivre dans un régime autoritaire. Ces résultats reflètent avant tout une insatisfaction.

Pour 57% des jeunes sondés, la démocratie reste la meilleure option, tandis que 21% affirment qu’un régime autoritaire serait préférable. [YouGov – TUI Foundation] »Ce que l’on enregistre très souvent dans ce genre de sondages, ce sont des personnes qui vont soutenir n’importe quelle alternative à la situation actuelle, parce qu’ils sont insatisfaits du statu quo », explique-t-elle dans l’émission Tout un monde.Pour Camille Bedock, les risques de dérive autoritaires concerneraient plutôt les jeunes qui n’ont pas d’avis sur ces questions (14% des sondés). « Ces personnes-là, si des leaders politiques remettaient en cause les normes démocratiques, ne se lèveraient pas forcément pour les défendre », affirme-t-elle.Un modèle « qui doit évoluer »Ce détachement s’observe en Suisse aussi. Des sondages du Parlement des Jeunes ont obtenu des réponses similaires. Pour tenter d’y voir plus clair, la RTS a interrogé plusieurs jeunes sur leur rapport à la démocratie. S’ils affirment tous ne pas pourvoir s’imaginer vivre dans un autre régime, ils formulent quelques critiques face au régime actuel (voir encadré). »En tant que jeune citoyen vivant en Suisse, j’ai grandi avec cette culture du débat, du compromis et de la participation. Et même si notre démocratie a ses défauts, elle offre un espace dans lequel chacun peut faire entendre sa voix et contribuer au bien commun », témoigne Noah, 19 ans. »Il est important de reconnaître que la démocratie, bien qu’essentielle, a ses limites », ajoute-t-il, précisant qu’il s’agit selon lui d’un modèle « qu’il faut préserver et faire évoluer, et non remplacer ».Le nombre de jeunes intéressés par la politique reste stable, selon le Parlement des Jeunes. Celles et ceux qui se portent candidats sont eux, en revanche, de moins en moins nombreux. Pour la démocratie suisse, qui repose sur son système de milice, cette crise des vocations à venir sera un défi.


