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NDOGOU POLITIQUE AVEC LA COALITION APTE: Ousmane Sonko trace déjà la route vers 2029

Le président du parti PASTEF et Premier ministre, Ousmane Sonko, a rencontré ce samedi la coalition APTE à l’occasion d’un « ndogou ». Profitant de ce cadre convivial, le chef du gouvernement a tenu à clarifier plusieurs questions qui alimentent le débat politique, notamment ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, son avenir à la Primature, ainsi que les échéances électorales de 2027 et 2029.

Dans un contexte où les relations entre la coalition « Diomaye-Président » et certains responsables de PASTEF suscitent des interrogations, Ousmane Sonko a tenu à dissiper toute ambiguïté. Face à ses camarades de parti et à ses alliés, regroupés au sein de la nouvelle coalition qu’il porte, l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE), il a clairement indiqué qu’il ne démissionnera pas de son poste de Premier ministre.
Selon lui, seule une décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pourrait mettre fin à ses fonctions. Une position ferme qui sonne comme une réponse aux voix, y compris au sein de la majorité, qui évoquent un possible remaniement ou un départ volontaire du chef du gouvernement.
Dans la même dynamique, le leader de PASTEF a réaffirmé sa volonté de conserver toute sa liberté de manœuvre politique. Il a ainsi évoqué sans détour l’horizon 2029, pour lequel il prépare activement le terrain avec ses alliés réunis au sein de l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE).
Le « ndogou » organisé ce samedi a donc dépassé le simple cadre d’une rencontre conviviale. Il s’est transformé en véritable moment de cadrage politique pour une coalition en construction. Ousmane Sonko a d’ailleurs rappelé que PASTEF a toujours privilégié une stratégie d’alliances dans sa trajectoire politique.
Il explique en effet avoir « reçu et longuement échangé avec les leaders de la coalition Apte. Les discussions ont été fructueuses et résolument constructives », a-t-il indiqué, avant d’avertir que « le rouleau est en marche », en se projetant sur la Conseil national de PASTET tenu ce dimanche.
En tout état de cause, à plus court terme, le Premier ministre a fixé un objectif ambitieux pour les élections locales de 2027 : remporter l’ensemble des mairies du pays avec ses partenaires. Une ambition territoriale qui traduit la volonté de renforcer l’ancrage local du mouvement avant toute nouvelle échéance nationale.
Enfin, évoquant la question sensible d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a semblé adresser un avertissement à peine voilé. En rappelant qu’il dispose lui aussi d’une coalition structurée, il a confié qu’une telle décision ne serait pas sans conséquences sur l’équilibre politique au sein de la majorité.
Ousmane Sonko a saisi cette occasion pour lever le voile sur un épisode peu connu de la genèse de la candidature présidentielle de 2024, comme pour prendre le contre-pied du président Bassirou Diomaye Faye qui a livré, samedi dernier, une version différente. Selon ses confidences, avant le choix porté sur Bassirou Diomaye Faye, c’est Habib Sy qui avait été initialement pressenti pour défendre les couleurs de la formation politique.
Ainsi, a-t-il révélé une rencontre qui a eu lieu entre lui, alors qu’il était détenu au Cap-Manuel, et Habib Sy. Lors de cet échange, ce dernier a accepté, de manière solennelle, d’endosser la candidature du parti. Il serait même allé jusqu’à jurer sur le Coran de porter la bannière de PASTEF. La mission qui lui était confiée était clairement définie et limitée dans le temps : assurer une transition politique et organiser une nouvelle élection présidentielle après le départ du président Macky Sall du pouvoir.
Par ailleurs, le président de PASTEF a également rencontré, ce dimanche, le bureau national de son parti afin de poursuivre les échanges sur l’orientation politique et stratégique du mouvement. Il en est ressorti que le congrès du parti aura lieu le 06 juin prochain.

Abdoulaye DIAO