AFFAIRE DES VIREMENTS FRAUDULEUX :Avant Orabank, la même «équipe » avait attaqué la Bgfi
Placé sous mandat de dépôt par le juge du 3ème cabinet financier, en même temps que Papa Oumar Samb, dans l’affaire du virement frauduleux à Orabank, l’homme d’affaires nigérian Usman Danwudi Auwal a été extrait de prison puis déféré hier pour les mêmes faits concernant cette fois‐ci la Bgfi.
Les affaires de virements frauduleux notées derniè‐ rement dans les banques sont‐elles liées ? Libération ré‐ vélait que des «pirates» avaient, sur la base de faux ordres de virements, dérobé des fonds à Orabank puis à la Bicis où le préjudice provisoire était établi à 211 millions de Fcfa. Pour la première affaire, Papa Oumar Sambe, gérant de Pos Trading et le ressortissant nigérian Usman Danmudi Auwal, béné‐ ficiaires des fonds volés, avaient été écroués. Selon nos informations, Usman Danmudi Auwal a été extrait de prison et déféré encore au parquet hier pour association d malfaiteurs, escroquerie et blanchiment de capitaux.
Son nom est sorti dans une af‐ faire, quasi similaire, qui était pendante à la Dic. En effet, bien avant la Bicis et Orabank, la Banque gabonaise et française internationale (Bgfi) avait porté plainte contre X pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures pri‐ vées de banque, escroquerie, manipulation et transmission frauduleuse de données d’iden‐ tification de compte bancaire, détournement de fonds via un système informatique mais aussi blanchiment de capitaux. Selon nos informations, l’am‐ bassade du Gabon au Sénégal avait ouvert un compte dans leurs livres, sur la base d’un ac‐ cord de partenariat. Ce compte, ouvert au nom de l’Agence nationale des bourses du Gabon qui en est la princi‐ pale signataire, était réservé ex‐ clusivement aux paiements des bourses des étudiants gabonais résident au Sénégal. A ce titre, en vue de faciliter les opéra‐ tions financières, une conven‐ tion signée à la date du 05 avril 2023, autorisait la banque à exécuter sur la base d’instructions données par e‐mail ou par Swift, toutes opérations ban‐ caires en général, par le débit du compte de l’agence gabonaise.
Ainsi, la Bgfi a exécuté, entre la période du 17 juillet au 09 octo‐ bre 2024, quatre ordres de vire‐ ments, sur la base de courriers mails qui proviendraient du di‐ recteur de l’Agence nationale des bourses du Gabon.
Selon les instructions conte‐ nues dans lesdites correspon‐ dances, la banque devait débiter à partir du compte de l’agence la somme de 78.878.000 Fcfa au profit de M.Diatta, A.Cissé, C.B.Ndiaye, C.I.Mbacké Usman Danwudi Auwal et Dakar transit trans‐ port. C’est le dernier virement au profit de cette société qui avait attiré l’attention de la banque du fait que ce compte n’avait aucun lien avec le Gabon encore moins avec un étudiant gabonais. Sur ce, en réponse à la demande d’authentification de la banque, Ebe Hyan Jogael, directeur de l’agence leur a in‐ formé qu’il n’était pas l’émet‐
teur de ces ordres de vire‐ ments. Ainsi, après vérifica‐ tions, les services de conformité de la banque avaient constaté que ces ins‐ tructions émanait d’une fausse adresse mail quasi similaire à celle de l’agence gabonaise à une lettre près.
Extrait de prison, Usman Danwudi a reconnu avoir reçu un vi‐ rement frauduleux d’un montant de 9.500.000 Fcfa, dans son compte logé à la Fbn‐ Bank, à la date du 26 août 2024. Toutefois, pour justifier la pro‐ venance de ces fonds, il a sou‐ tenu, sans convaincre, les avoir reçus de son partenaire d’af‐ faires dénommé « Abubakar Adam Rabiu» alias « Muham‐ med », qu’il aurait rencontré à Kaolack.
Cependant, les enquêteurs ont noté que le mis en cause a changé de version. Durant la première procédure concer‐ nant Orabank, il avait informé que le nommé « Muhammad », présenté aussi comme l’auteur du faux virements, était son employeur et était basé au Vietnam.
Questionné sur un autre virement de dix millions de Fcfa que son ami M.Niass a affirmé avoir encaissé pour son compte, Usman Danmudi Auwal a confirmé avoir sollicité ce dernier pour lui permettre de recevoir dans son compte logé à la banque Uba ladite somme que lui aurait envoyée un certain Aboubacar Adam Rabiu.
Libération quotidien

