Contribution

ASSEMBLÉE NATIONALE :DIOMAYE RECONNAÎT ENFIN SES LIMITES.Par Mohamed GASSAMA

Les observateurs avertis s’y attendaient. Les tentatives de diabolisation de SONKO n’avaient aucune chance de prospérer. C’était du bruit pour rien et de l’agitation stérile.
Bref, les Députés de « PASTEF » ont repris le contrôle de l’agenda parlementaire face à un Gouvernement affaibli.
La preuve, les menaces, à peine voilées, du Premier Ministre Al Aminou LÔ ainsi que les attaques puériles des thuriféraires de « KIIRAAY » contre les Représentants du peuple, n’ont pas eu l’effet escompté.
Au contraire, les sorties, inopportunes et improductives, de la Mouvance présidentielle ont révélé à la face du monde une véritable cacophonie au sein du Pouvoir et une panique générale au sommet de l’État.

MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS !

Le Gouvernement a plié devant l’Assemblée nationale et accepté de revoir sa copie.
Face à la determination de la majorité, incarnée par « PASTEF », il n’avait d’autre choix que de faire machine arrière et de jouer la carte de l’apaisement, du dialogue et du compromis.
C’est tout le sens de la demande de Cheikh DIBA, en ouverture des discussions générales. Pour ce faire, il ne s’est pas empêché de supplier le Président de la deuxième Institution de la République. Partant, il ne restait plus au Ministre des Finances que de se mettre à genoux devant SONKO.
Il aura tout fait pour séduire les Élus du peuple afin d’obtenir un accord en vue d’engager un dialogue avec les Membres de la Commission des Lois et du Contrôle budgétaire.
Pour cela, il est allé puiser dans le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour sortir l’Article 84 et fonder une base juridique.
Pour maquiller cet aveu d’échec notoire, le Ministre des Finances s’est réfugié dans une tirade sans précédent pour justifier l’initiative du Gouvernement.
La longueur de son imploration devant les honorables Députés traduit, à suffisance, les faiblesses de l’Exécutif. Nul besoin de la rappeler, seul le Législatif a le pouvoir de voter les Lois.
Vu la configuration actuelle de l’hémicycle, Bassirou Diomaye FAYE ne s’aventurerait jamais à défier Ousmane SONKO. Il n’y penserait même pas d’autant plus que les rapports de force lui sont totalement défavorables.

LA CRISE DE LÉGITIMITÉ.

Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, le Gouvernement reconnaît implicitement son manque de légitimité. Qu’on se le dise, une fois pour toutes, le Président de la République n’a pas de majorité parlementaire. De ce fait, il lui incombe, dans l’intérêt supérieur de la Nation, d’accepter de dialoguer et de trouver un consensus dynamique avec le Président de l’Assemble nationale. Il n’y a pas d’autres solutions !
Aucune volonté de caporaliser le Pouvoir législatif ne passera. Aucune tentative de mettre les Députés en mal avec les sénégalais n’aboutira.
Sous ce rapport, le Chef de l’État devrait s’inscrire dans une démarche de concertation et et de conciliation.
À défaut, c’est son Mandat qui va en pâtir.
En attendant, force est de saluer la posture du Gouvernement et celle de l’Assemblée et de se féliciter de leur engagement à renouer les fils du dialogue.
Maintenant, le peuple, seul souverain, attend de voir les efforts des uns et des autres pour éviter un blocage du pays.