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DJIBRIL WADE DÉNONCE L’AGITATION AUTOUR DES LIONS: « L’équipe nationale na pas besoin d’influenceurs »

Ancien premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Djibril Wade déplore la présence envahissante de certaines personnalités autour de léquipe nationale. Il appelle à davantage de sobriété, à une meilleure répartition des responsabilités et à un engagement accru en faveur du football local.

Après le fiasco des Lions à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, la présence de certaines personnes dans lentourage de la sélection sénégalaise a suscité de nombreuses critiques. Ancien membre du Comité exécutif de la FSF, Djibril Wade estime que léquipe nationale doit retrouver une certaine sobriété.
« Léquipe nationale na pas besoin dinfluenceurs », tranche-t-il. À ses yeux, ces derniers seraient plus utiles en contribuant à la visibilité des compétitions locales, notamment des tournois qui peinent à attirer le public. Il regrette quils privilégient une sélection bénéficiant déjà dune forte exposition. « Il ny a plus de sacralité », déplore-t-il.
Lancien président de Niary Tally considère que laccès à lenvironnement de léquipe nationale A doit répondre à des critères précis, fondés notamment sur le parcours et les responsabilités de chacun. Il rappelle quà lépoque dAugustin Senghor, les dirigeants fédéraux affichaient, selon lui, davantage de discrétion.
« Quand on était avec Augustin Senghor, on ne nous voyait pas. Il y avait une certaine sobriété », souligne-t-il, citant notamment la discrétion de plusieurs responsables. Selon lui, le président occupait le devant de la scène, tandis quAbdoulaye Sow travaillait avec la sélection A.
Aujourdhui, Djibril Wade dénonce la volonté de certains dirigeants de safficher aux côtés des joueurs, pour gagner en visibilité. « Notre travail, cest le football local », rappelle-t-il.

« Cette fédération doit être hiérarchisée »
Pour Djibril Wade, les résultats de léquipe nationale A ne doivent pas constituer le seul critère dappréciation du travail fédéral. Il rappelle que la FSF a également pour mission de développer les clubs et les compétitions sur lensemble du territoire. « La Fédération nest pas mise en place pour développer uniquement léquipe A », insiste-t-il, citant notamment Niary Tally, le Jaraaf et lUS Ouakam. Il invite ainsi les acteurs à ne pas se tromper dobjectif.
Lancien dirigeant déplore le contraste entre leffervescence autour des déplacements des Lions et le manque dintérêt pour le championnat national. Il décrit une course aux places dans les avions, aux hôtels et aux images lors des rencontres de la sélection, alors que les mêmes acteurs sont rarement présents autour des compétitions locales.
Évoquant la nouvelle équipe dirigeante de la FSF, il préconise une organisation plus rigoureuse. « Cette fédération doit être hiérarchisée », affirme-t-il. À ses yeux, les responsabilités auprès de la sélection A doivent tenir compte du parcours des dirigeants et saccompagner de moins de privilèges.
Il plaide, parallèlement, pour une meilleure considération des responsables engagés auprès des autres sélections nationales, notamment celles des jeunes. Cette répartition permettrait, selon lui, de rééquilibrer lattention et les moyens au sein de la Fédération.

Des clubs capables de rivaliser avec les meilleurs dAfrique
Djibril Wade place la compétitivité des clubs sénégalais au cur de ses préoccupations. Pour lui, les performances de la sélection doivent saccompagner dun développement durable du football local. « Tant quon naura pas de clubs délite capables de concurrencer les meilleurs dAfrique, on naura pas réussi notre football », soutient-il.
Lancien président de la Ligue sénégalaise de football professionnel rappelle que la formation et le transfert de joueurs vers lEurope ont contribué à bâtir une équipe nationale compétitive. Il estime que cette dynamique a permis douvrir des perspectives de financement et de renforcer lengagement de lÉtat autour de la sélection A. Il appelle désormais à consacrer davantage de ressources à la structuration des clubs, au développement des compétitions et à la construction dune véritable économie du football.

Soutien de lÉtat pour libérer des moyens au profit du football local
Djibril Wade défend également le maintien de lappui financier de lÉtat aux sélections nationales. Selon lui, leur prise en charge relève de la responsabilité des pouvoirs publics, dans le football comme dans les autres disciplines.
Il souhaite ainsi que lÉtat assume les dépenses liées aux salaires des entraîneurs, aux déplacements, à lhébergement, aux indemnités journalières et aux primes. Cette prise en charge permettrait, à ses yeux, de consacrer davantage de ressources fédérales au football local et aux autres formes de pratique.
Son ambition est de faire émerger une industrie du football autour de la Ligue professionnelle, susceptible de créer entre 5 000 et 10 000 emplois. Une manière, conclut-il, de renforcer la contribution du sport à lemploi et au développement économique du pays.

Fatou DIOUF