ActualitéEconomieSociété

MÉVENTE DU SUCRE À LA CSS: Les stocks s’accumulent, l’État ferme le robinet des importations

La Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) peine à écouler sa production à lapproche de sa prochaine campagne. Les syndicats évoquent 50 000 tonnes de sucre en mévente, tandis que le ministère de lIndustrie et du Commerce fait état de stocks denviron 30 000 tonnes. Face aux inquiétudes des travailleurs, le gouvernement annonce une suspension des importations à partir de novembre, pour huit à neuf mois.

À Richard-Toll, les difficultés découlement du sucre remettent la régulation du marché au centre des préoccupations. Le 14 octobre, les organisations syndicales de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) ont alerté sur laccumulation des invendus, à quelques semaines du démarrage de la campagne 2026-2027, annoncé pour le 15 novembre. Leur crainte est de voir les stocks existants sajouter à la nouvelle production, accentuant les difficultés de lentreprise.

Les syndicats réclament la priorité au sucre local
Lors de cette sortie, Amary Diouf, responsable syndical de la CNTS/FC, a réclamé une régulation comparable à celle appliquée à certaines productions horticoles. « Pourquoi le même dispositif nest pas appliqué à la filière sucre ? », sest-il interrogé.
Les syndicats mettent en cause la multiplication des Déclarations dimportation de produits alimentaires (DIPA), qui favoriserait, selon eux, la concurrence du sucre importé au détriment de la production nationale. Ils estiment à 50 000 tonnes le volume concerné par la mévente et soulignent la vulnérabilité des travailleurs saisonniers face à ces difficultés.
Dans sa communication du 17 octobre, le ministère de lIndustrie et du Commerce avance, pour sa part, un stock denviron 30 000 tonnes à la CSS. Le gouvernement, à travers le ministère de lIndustrie et du Commerce, annonce néanmoins une nouvelle suspension des importations à compter de novembre. Larrêt des DIPA doit intervenir dès la reprise effective des activités industrielles de la compagnie.
Les inquiétudes des travailleurs ne datent pas doctobre. En juillet, lintersyndicale dénonçait déjà les conséquences dimportations quelle jugeait excessives en 2025. Celles-ci auraient atteint environ 160 000 tonnes, contre un besoin complémentaire estimé par les syndicats à 60 000 tonnes. Les représentants du personnel associaient cette situation à une mévente prolongée jusquen février 2026, à une dette bancaire de 75 milliards de FCFA au 31 janvier et à des retards dans le recrutement des saisonniers.
La production nationale ne couvre toutefois pas lensemble des besoins. En juillet, le ministère évaluait la consommation à environ 25 000 tonnes par mois, pour une production annuelle de la CSS proche de 140 000 tonnes. Il avait alors annoncé la réouverture des importations dès le 15 juillet afin de prévenir les ruptures dapprovisionnement. La difficulté consiste désormais à calibrer les importations pour compléter loffre locale sans bloquer son écoulement.

Abdoulaye DIAO