CULTURE ET SÉCURITÉ – « POLICE CULTURELLE »: Quand les policiers troquent l’uniforme pour la scène
La première édition de « Police culturelle », organisée samedi 10 octobre au Musée des Civilisations noires, a mis en lumière les talents artistiques des agents de la Police nationale. Portée en collaboration avec l’Association de la presse culturelle du Sénégal (APCS), cette initiative entend renforcer les liens entre les forces de sécurité et les citoyens. La rencontre a également été marquée par un hommage à Laye Bamba Seck, ancien policier et père de la chanteuse Coumba Gawlo Seck.
Le temps d’un après-midi, les agents de la Police nationale ont dévoilé une facette méconnue de leur quotidien. Peintres, musiciens, rappeurs, slameurs ou sportifs, ils ont investi le Musée des Civilisations noires pour partager leurs passions avec le public, à l’occasion de la première édition de « Police culturelle ».
Pendant cinq heures, les représentants des différentes directions ont rivalisé de créativité. La manifestation s’est déroulée en présence du directeur général de la Police nationale, l’inspecteur général de police Mame Seydou Ndour, de plusieurs directeurs de services, du secrétaire général du ministère de la Communication et des Relations avec les institutions, Mouhamadou Moustapha Thioune, du colonel Vasse et du directeur général du Musée des Civilisations noires, Abdou Simbandy Diatta.
Une exposition d’œuvres plastiques et de publications scientifiques réalisées par des policiers a permis de découvrir la diversité de leurs centres d’intérêt. Les prestations de rap, de slam et de chant ont rythmé la rencontre, ponctuée de démonstrations d’arts martiaux et de lutte. Un jury composé de journalistes culturels et de membres de la Police nationale a ensuite distingué les meilleures prestations.
Un hommage émouvant à Laye Bamba Seck
L’un des temps forts de la cérémonie a été l’hommage rendu à Laye Bamba Seck. Ancien policier et père de Coumba Gawlo Seck, marraine de l’événement, il a été célébré pour son parcours. Un portrait réalisé sur place par un policier artiste a donné un relief particulier à cette séquence.
Saluant la collaboration entre l’institution et les journalistes culturels, le président de l’APCS, Aliou Badara Mané, a présenté la culture comme un trait d’union entre policiers et citoyens. Selon lui, le projet dépasse la seule valorisation des talents pour promouvoir la paix, le civisme et le respect mutuel. « Nous devons encourager les initiatives qui rapprochent la Police nationale de la population, particulièrement de la jeunesse, afin que le dialogue, la confiance et la coopération deviennent des piliers durables de notre société », a-t-il déclaré.
Le Directeur général de la Police nationale s’est, pour sa part, félicité de la richesse des prestations. Mame Seydou Ndour a souligné la nécessité de conjuguer les missions de l’institution avec l’ouverture au dialogue et l’épanouissement de ses agents. « Nous voulons une police qui dialogue autant qu’elle protège. Nous voulons une police qui reconnaît et encourage les talents dans ses rangs », a-t-il affirmé, avant d’exprimer le souhait de pérenniser ce rendez-vous pour révéler, chaque année, de nouveaux artistes.
Des lauréats dans plusieurs disciplines
En arts visuels et peinture, Mohamadou Mané a remporté le premier prix, devant Ousseynou Faye et Betty Tendeng, artiste spécialisée dans la récupération. Dans la catégorie rap et slam, Konaté, alias Pythagore, s’est imposé devant Weuz MC et El Inspector.
En arts martiaux et sport, l’adjudant Massamba Ndiaye, accompagné des Karate Kids, a décroché la première place. L’équipe des quatre lutteurs s’est classée deuxième, suivie de l’AS Police Karaté.
En chant et musique, Daouda Sène a séduit le jury, obtenant une note de 9/10 et le premier prix. Diassé a terminé deuxième, devant Dame Sarr et Lamine Ndiaye, distingués pour leurs prestations à la clarinette.
À travers ce premier rendez-vous, la Police nationale et l’APCS ouvrent un nouvel espace de rencontre avec les populations. Leur ambition est de faire de la création artistique un levier de proximité, au service de la confiance et du vivre-ensemble.
Adama AIDARA

