PROGRAMME « UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » : FATOU SECK, DIRECTRICE GÉNÉRALE D’OUMOU GROUP, REJETTE FORMELLEMENT LES ACCUSATIONS DE LIVRAISON FICTIVE ET AFFIRME QUE LES 20 000 ORDINATEURS ONT ÉTÉ LIVRÉS, INVOQUANT UN RELIQUAT DE 500 MILLIONS DE FCFA DÛ PAR L’ÉTAT DU SÉNÉGAL
ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR LE PROGRAMME « UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » : FATOU SECK DÉFEND OUMOU GROUP ET CONTESTE LES ACCUSATIONS DE LIVRAISON FICTIVE
La commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner le programme « Un étudiant, un ordinateur » poursuit ses auditions des fournisseurs impliqués dans ce marché public. Entendue le vendredi 9 octobre 2026, la directrice générale d’Oumou Group, Fatou Seck, a fermement rejeté les accusations de livraison fictive visant son entreprise. Devant les députés, elle a présenté sa version des faits, en s’appuyant notamment sur les montants du marché et les documents de livraison qu’elle affirme avoir transmis à la commission.
Au cœur de la controverse figure un écart de 2 000 ordinateurs, signalé par certaines sources administratives. Pour Fatou Seck, cet écart apparent s’explique par la situation financière du contrat, et non par une absence de livraison. Selon ses déclarations, le marché portait sur la fourniture de 20 000 ordinateurs de marques Lenovo et HP, au prix unitaire de 250 000 francs CFA, pour un montant global de 5 milliards de francs CFA.
500 MILLIONS DE FCFA DE RELIQUAT INVOQUÉS
La directrice générale indique que son entreprise a reçu, à ce jour, 4,5 milliards de francs CFA du Trésor public, répartis en neuf versements. Sur la base du prix unitaire convenu, cette somme correspond à 18 000 ordinateurs. Elle soutient toutefois que les 20 000 machines prévues au contrat ont été livrées et réceptionnées, malgré le reliquat de 500 millions de francs CFA qu’elle affirme rester dû par l’État.
Selon cette interprétation, les 2 000 ordinateurs évoqués dans le dossier correspondent à la valeur du montant restant à payer, soit 500 millions de francs CFA, et non à du matériel fictif.
« Ce chiffre de 2 000 ordinateurs ne correspond pas à une livraison fantôme, mais à la matérialisation administrative d’une créance de 500 millions de francs CFA que l’État nous devait pour du matériel déjà livré et réceptionné », a-t-elle déclaré devant les parlementaires, selon les propos rapportés.
DES DOCUMENTS DE LIVRAISON PRÉSENTÉS À LA COMMISSION
Pour étayer ses déclarations, Fatou Seck affirme avoir remis aux membres de la commission les procès-verbaux originaux de réception ainsi que les bordereaux de livraison. Elle précise que l’acheminement des équipements s’est effectué en deux opérations distinctes au début de l’année 2024.
D’après son témoignage, un premier lot de 5 000 ordinateurs est arrivé par voie aérienne le 18 janvier 2024. Un second contingent de 15 000 machines a ensuite été acheminé par voie maritime et serait arrivé le 16 février 2024. La dirigeante indique que les documents de réception comportent notamment les signatures des membres du comité de réception et du chef magasinier.
À travers ces éléments, Oumou Group entend défendre la régularité de ses opérations et contester les soupçons de livraison fictive. Toutefois, les déclarations de la directrice générale et les pièces évoquées devront être examinées par la commission parlementaire, dont les travaux visent à établir les faits et à déterminer les éventuelles responsabilités dans la gestion du programme.
L’enjeu est désormais de confronter les documents contractuels, les paiements effectués et les preuves de réception afin de clarifier définitivement le dossier des 20 000 ordinateurs destinés aux étudiants sénégalais.

